Kurosawa n'a pas fait que des films de samouraïs. La preuve avec "Vivre" ("Ikiru"), film à la portée sociale et philosophique rempli d'humour et de mélancolie. Un lecteur de 24FPS me l'avait recommandé, je l'en remercie. Un très bon moment de cinéma!
 
Fonctionnaire dévoué à ses tâches administratives, Watanabe découvre qu'il est atteint d'un cancer. 30 ans de dévouement à des taches rébarbatives et répétitives prennent une dimension particulière, il ressent un grand vide. Avant de mourir, il veut enfin vivre et finaliser l'édification d'un jardin public que les rouages kafkaïens de l'emploi public empêchent de voir le jour.
 
Que de fantaisie dans ce film de Kurosawa tourné en 1952! Des scènes ubuesques au sein de l'administration publique succèdent à la prise de conscience par Watanabe de la stérilité de son existence. Il lui faut la perspective d'une fin lente et douloureuse pour prendre conscience de la valeur de la vie.
 
La longue scène de fin est un modèle du genre. Les membres survivants de l'administration publique argumentent et discutent sans fin sur l'impact surprenant du défunt quant à la finalisation du jardin. Contradictions, lâchetés, comportements à la bassesse comique, le pire de l'humanité semble se déverser sans fin.
 
"Vivre" m'a rappelé le cinéma italiens des années 60, drolatique et ironique, toujours prêt à moquer les attitudes serviles des êtres humains. Un excellent classique de Kurosawa à découvrir rapidement!