"Les Salauds dorment en paix" fait partie de ces fables modernes de Kurosawa sur le Japon moderne de l'après WWII. Le pays s'est reconstruit et d'immenses fortunes se sont érigées dans un climat de corruption généralisée.
 
Là où "Vivre" utilisait un ton caustique pour décrire l'inefficience du service public, "Les salauds..." pointe du doigt le cynisme de dirigeants ne reculant devant rien pour assoir leur pouvoir. La quête de justice de Nishi, secrétaire particulier du président d'une immense société immobilière sert de fil rouge à une évocation scabreuse des manigances des puissants. Tapi dans l'ombre, il tente de faire éclater le scandale pour venger la mort de son père.
 
Habitué à voir Toshiro Mifune dans des rôles de samouraï ou voleur du Japon féodal, quelle surprise de le voir en costume impeccable sans barbe de 3 jours ni catogan. Il rayonne dans son rôle d'irréductible justicier.
 
Un Kurosawa plus cruel que souvent, au ton morbide et pessimiste. Car à la fin, les salauds s'en sortent toujours...