Deux très bonnes séances ciné aujourd'hui: Vu sur mer (3/5) et surtout Back Home (4,5/5). Un cinéma américain à la mode européenne fait de langueur, de regards vides et de longs silences. Introspection et mystères hantent ces 2 longs métrages fascinants.

Angélina Jolie Pitt se met en scène avec son Brad de mari pour un drame longtemps sourd et muet. Le couple de riches américains est en congés sur la french riviera. Ils se croisent plus qu'ils ne se côtoient, une chape de plomb invisible handicapant leurs échanges. Angélina insère une bonne dose de langueur dans un drame qui ne dit pas son nom. Les raisons sont longtemps tues et si Brad l'écrivain se réfugie dans l'alcool, Angélina ressasse des pensées secrètes. Un couple de jeunes mariés (Melvil Poupaud, Mélanie Laurent) devient la cible d'une projection orchestrée mystérieusement par l'épouse vaporeuse. Le rythme est paisible devant le paysage de carte postale d'une côte d'azur fantasmée. Le grain de l'image est jaune, les acteurs parlent un français parfois difficilement compréhensible et les guests sont nombreux (Richard Bohringer, Niels Arstrup). Une très bonne surprise avec un Brad impeccable et une Angélina dangereusement décharnée.

Back Home (4,5/5) narre le destin de différents membres d'une famille touchés par un drame profond. La disparition d'Isabelle Reed (Isabelle Huppert) laisse une trace indélébile dans l'existence de son veuf Gene (Babriel Byrne) et de leurs deux enfants (excellent Jesse Eisenberg comme toujours et Devin Druid). Des flashbacks délicatement orchestrés donnent l'impression d'une présence constante de la défunte. Les faux semblants sont renversés par une quête de vérité qui atteint tous les hommes, bien obligés de faire face à leur moi véritable et de réorienter leurs existences. Des scènes mémorables parsèment ce film puissant et profond. Beaucoup de longueurs mais un moment de quasi introspection. Difficile de ne pas faire sa propre autocritique après ce film captivant.