a vu "Une nouvelle amie" (3/5). Ozon fait dans le shocking grand public, avec un acteur qui a la cote et un scénario assez actuel. Je viens de finir "Chéri-chéri" de Philippe Djian, "Laurence anyways" est dans toutes les mémoires, le travestissement est un thème à la mode. S'habiller en femme, de manière plus esthétique que sexuelle, ce film en offre une nouvelle variation. Bien ficelée, avec une narration en acier et des bons acteurs. Juste, sans vraiment de surprises.

Du temps de "Sitcom" ou de "Gouttes d'eau sur pierres brulantes", Ozon savait créer la controverse, la vraie. Du cash, du trash, de l'alambiqué. Je reste nostalgique de cette époque bénie. Derrière toute scène se cachait un vice offert au grand jour, une rebuffade contre la morale et les idées reçues. Le succès appelle le consensus, et adieu l'originalité.

Cette nouvelle amie a un scénario très bien construit et des acteurs qui jouent le jeu de la surprise qui déstabilise. Lorsque le héros David perd son épouse Laure, jeune mère et amie indéfectible de Claire, plus rien ne va. David se laisse aller à des travestissements et vit sa féminité. Ce qui met mal à l'aise Claire mais ne lui déplait pas non plus.

Le pitch est accrocheur, les rebondissements s'étalent tout au long du film, le rythme ne faiblit pas, les questions affluent. Quid de l'enfant? Quid du mari? Quid des on-dit? La situation est dramatique mais Ozon tente la légèreté dans la confrontation à la différence. Ce sont les personnages qui ont des réactions imprévisibles, mais la différence devient d'une normalité réconfortante. Pourquoi se formaliser de voir un homme s'habiller en femme? Romain Duris campe une poulette haut perchée sur ses talons avec un naturel confondant, à se demander s'il n'a pas lui-même l'habitude des talons...

La narration est plaisante, la petite vie bourgeoise est dépeinte avec un naturel confondant, Anais Demoustier et Raphael Personnaz jouent à merveille le couple installé confronté à une situation nouvelle. Vraiment, tout cela est sympathique. Sauf que j'attends toujours plus d'Ozon. De la réflexion, du shocking, de l'émotion. Dans "Jeune et jolie", j'avais retrouvé mon François. Ici, c'est sympa mais pas transcendant. Je place la barre très haute, Ozon n'est pas n'importe quel réalisateur. Je réclame du "5x2" à chaque fois. Du "8 femmes" à tous les coups!

Voilà, c'est plaisant, et c'est déjà très bien, ne nous plaignons pas. J'affronterai les presque 3 heures d' "Interstellar" une autre fois.

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