Synthèse synthétique sur la folle journée ciné de vendredi:

- "Tonnerre" (3/5) ou un panorama de la misère affective dans une ville de l'Yonne. Maxime voue sa vie au Rock et doit crécher chez son paternel pour joindre les deux bouts. Sa rencontre avec la (très... trop?) jeune Mélodie le chamboule complètement. Coup de foudre, légèreté de l'être, ravissement. Tout n'est que poésie et rapports répétés. Et Badaboum, la jeunette coupe les ponts et renoue avec son ex bogoss et footballeur. Incompréhension, Max pète un câble, agresse et kidnappe. Pitch simple et dérangeant, le nounours Macaigne se transforme en obsessif possédé. L'intention est louable, le rendu dérange mais ne convainc pas complètement. A la limite d'un misérabilisme assumé. Pour les fans de McCain.

- "Beaucoup de bruit pour rien" (3/5) ou Santa Barbara tourné en N&B sur des airs de Shakespeare. Etrange et incongru, mais pas inintéressant. Les acteurs ressemblent à Mason, Channing et Ted (pour ceux à qui ça parle), la maison a des faux airs de villa Onassis, il fait beau... contexte soap assumé voire recherché. Benedict et Béatrice se vouent une haine tenace, que leurs amis vont changer en amour inconsidéré par la grâce de réflexions délicatement égrenées. La trame ultra connue est revisitée avec goût. Moderniser les contextes anciens en conservant les textes, c'est kitsch et revigorant. Les fans de William apprécieront, même s'il y en a de moins en moins et doivent être souvent masochistes en nos temps acculturés. Mais qu'importe, je recommande pour la belle Amy Acker, sublime et sublimée.

- "Nymphomaniac volume 2" (2,5/5): Le volume 1 m'avait impressionné, le volume 2 m'a déçu. Là où les allusions et digressions culturelles apportaient un recul fascinant au parcours tourmenté de Joe dans le vol1, Joe livre ici ses moments les plus difficiles et ça accroche beaucoup moins. Le 1er degré lugubre assaille les pupilles, sans porte de sortie ni poésie. Toujours aussi cru mais sans vulgarité (les célibataires dans la salle ont du être déçus), le film impressionne tout de même par son parti pris primaire, animal. Vol1 était proche du chef d'oeuvre, le vol2 est un bis repetita avec moins d'allant et de classe.