a vu "The Riot Club" (3/5). La haute société britannique autoproclame ses ouailles élite future de la nation et les regroupe dés le plus jeune âge dans des clubs hérités d'un lointain XVIIIe siècle à perruques. Une société fermée tend vers la consanguinité et enfante inéluctablement une descendance dégénérée, suscitant mépris et réprobation chez le spectateur stupéfait devant tant de désinvolture. Cet opus un tantinet caricatural illustre par l'exemple les pires débauches dont sont capables des jeunes gens trop tôt éduqués sur leurs droits et non leurs devoirs. Rythmé, divertissant, le film se regarde très bien mais accuse très vite ses limites. On ne sortira pas de la salle sensiblement élevé par ce tableau cynique de futurs gouvernants badins et délurés.

Alistair Ryle et Miles Richards sont deux jeunes rookies de la prestigieuse université d'Oxford. Rêvant d'intégrer le cercle très private du Riot Club créé 200 ans plus tôt, ils trépignent dés lors que les membres les contactent. L'incorporation n'est pas simple mais les privilèges sont nombreux, la morgue est hautaine et les excès sont prévisibles.

L'impression persistante d'assister à un épisode de Gossip Girl ou Beverly Hills ne m'a guère quitté devant ce film rempli de beaux gosses, d'opulence et d'insolence. Le Riot Club ("Club de l'émeute" en traduction littérale) regroupe des jeunes issus des plus grands lycées, souvent originaires d'un sérail habitué à l'aisance et à une place tout en haut de l'échelle sociale. Tout comme les jeunes de l'Upper West Side ou de LA, Oxford a enfanté des premiers ministres, d'illustres financiers et des dirigeants depuis des temps immémoriaux. Le futur est garanti, le présent doit donc être le plus agréable possible. Les membres du Club ressemblent à Chuck Bass, Brandon Walsh ou Dylan McKay (pour ceux qui connaissent) et les acteurs hantent les pages des magazines féminins actuels (preuves à l'appui). Difficile donc d'attendre autre chose qu'une dérision sardonique, sans vraie réflexion ou maxime philosophique.

Le manichéisme est omniprésent. Les deux recrues ont des caractères opposés, la maxime sociale rappelle l'adage de "Cloud Atlas" sans la même profondeur (Weak is Meat that Strong do Eat), les personnages sont avant tout jouisseurs et guère fouillés. Les fêlures psychologiques sont absentes et Lone Scherfig privilégie la facilité aux méandres labyrinthiques. Le drame final est prévisible même si non désagréable. D'ailleurs le film lui-même se suit avec intérêt, car rythmé et suffisamment pervers pour maintenir l'attention. C'est un spectacle hautement divertissant que de voir ce dont sont capables de jeunes éphèbes alcoolisés et imbus d'eux mêmes. L'attente de savoir quel personnage subira les ires des décervelés à cuillère d'argent dans la bouche. Aucun d'eux n'a retenu l'histoire de la création du Club.

Histoire fort impressionnante. Un Lord Riot intelligent, jouisseur et irrespectueux a été tué suite à un malencontreux adultère. Ses amis décidèrent donc de regrouper les jeunes gens les plus brillants dans un Club en son souvenir. Seulement, les descendants de ces glorieux ainés n'en retinrent que la débauche plus que la grandeur intellectuelle. Le club n'est pas une société démocratique mais un fief hédoniste, donc borné, restreint, avec une impudence entretenue et encouragée. Le film donne de bons exemples de la grossièreté engendrée par le manque de gardes fous. Tiens, ça me rappelle tous ces scandales financiers, politiques ou de moeurs. Sans limites, les comportements grossiers engendrent l'impunité... c'est peut être cela la maxime du film. Les puissants ont été trop tôt habitués à une trop grande liberté.

L'ambiance très "Cercle des poètes disparus", donc très british, se voit dans chaque détail. Les costumes, les expressions, le langage et les discours voguent de scène en scène vers cette nostalgie d'un empire britannique dominant le monde. La société évolue, les moeurs changent mais la Haute société reste autocentrée et sûre de ses privilèges. Ca fait même froid dans le dos, ça n'augure rien de bon pour notre avenir si nous avons les mêmes à domicile. Voilà pour la rélfexion philosophique, pour le reste, le film passe bien mais ne vogue pas bien haut. Vite vu, vite oublié.

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.