Pitch et avis: a vu "The place beyond the pines", film américain de Derek Cianfrance, l'occasion d'un bon coup de gueule contre les bandes annonces pour un film qui n'est pas du tout celui annoncé, note: 2/5: film plaisant mais tellement loin de la claque attendue.... déception. Note peut être injustifiée, mais zut.

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Luke (Ryaaaaan Gosling) est un pro de la moto, cascadeur professionnel. Il apprend avoir un enfant de Romina (Evaaaa Mendes) et décide de ne plus la quitter, s'employant à braquer des banques pour s'occuper d'eux. Avery (Braaaaad Cooper) est un flic. Il a lui aussi un jeune enfant. Les chemins de tous ces personnages vont se croiser, pour le meilleur, et pour le pire.

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Gros coup de gueule pour un film survendu, avec un Ryan Gosling mis en avant car beau gosse et bankable. On s'attend donc à suivre le récit de sa vie pendant 2h20.
Interférences policières inclues. Avec son air nonchalant, son regard de desperado désabusé, sa belle gueule et son apport charismatique indéniable. QUE NENNI. Il apparait 25 minutes maxi, je n'ai pas compté, et disparait bien vite. Comme un coup de pouce donné à un réalisateur talentueux (voir le formidable "Blue Valentine" avec un Ryan présent tout du long). In fine, le film existe bien, le scénario est plus que correct, mais c'est une belle arnaque. Une vraie, une belle. 

Warning: si vous comptez voir le film, ne lisez peut être pas la suite...

Passé ce commentaire nécessaire sur une bande annonce qui n'évoque que 20% du film, des critiques dénichées de ci de là sur l'apport incroyable de Ryan (pour 25 minutes???) et une déception, parlons du film. A travers l'évocation d'un raté de la vie fortiche en moto, son exécution par un flic aux dents longues qui passe de flic lambda au statut de super héros en 10 secondes, et le destin de ce dernier en procureur de l'état de New York, on voit subtilement les différences et les points communs. Il aurait suffit de peu de choses pour que les destins soient interchangés et la frontière est ténue entre vagabondage et réussite sociale. Belle maxime, surtout que les enfants de chacun, pour moi les véritables personnages du film, se croisent et s'abiment l'un l'autre.

Une banlieue lambda d'un état lambda, quatre destins d'hommes (les femmes n'ont que de maigres strapontins), dans un milieu blanc où l'honneur, le pétage de plomb et les embrouilles semblent irrémédiablement interconnectées, pas d'angélisme, seul compte le cynisme ou le banditisme pour s'en sortir. Les parents sont des filous (un braqueur de banque sur qui tombe sur un jour de malchance, un flic qui réussit en sacrifiant tout, tous et toutes), les enfants ne pourront que difficilement faire mieux. L'hérédité de chacun en fait des ados perdus aux repères flous. Le fils de flic nage en pleine brume toxico, le fils de voyou n'a aucune ambition dans la vie, leurs destins aboutiront à la (re)découverte de leurs parents, à une amitié brisée et à des règlements de comptes.

L'endroit au-delà des pins est le centre de l'histoire. Là où le braqueur pourra s'enfuir quelques fois, là où le flic décidera de sacrifier ses collègues ripoux, là où le fils du premier épargnera le père du second. Un cross over, un carrefour de la vie, là où tout aurait pu changer, mais là où rien ne changera finalement jamais. Le braqueur meurt sans gloire, le procureur sacrifiera sa vie pour sa réussite, se condamnant au purgatoire permanent.