a vu "The Master".

Un réalisateur chéri (Paul Thomas Anderson), des acteurs adorés (Philip Seymour Hoffman + le grand retour de Joaquin Phoenix), une mise en scène parfaite, des acteurs au top, simplement... rien ne se passe. 

On suit les pérégrinations d'un revenant des batailles du pacifiques de la WWII et sa collusion incongrue avec un gourou librement inspiré de Ron Hubbard (fondateur de la Scientologie) qui croit voir en lui une sorte de messie (ou de pigeon?). C'est bien ficelé, bien joué, on est pris dans l'intrigue, j'ai personnellement attendu que tout d'un coup le truc de ouf survienne et... ben non, rien. Je suis sorti de la salle profondément déçu. 

La tension insupportable de "There will be blood" avec son héros jusque boutiste, la folie (in)contrôlée du héros de Punch drunk love, la densité époustouflante du film choral "Magnolia", tout cela sentait la maitrise absolue d'un réalisateur conscient de là où il souhaitait amener les spectateurs, et de ce mur qu'ils allaient se prendre. Ici, on suit volontiers les évènements, mais jamais ne survient cette étincelle de folie, ce moment de magie pourtant habituel chez Mister Anderson.

Laissant trainer mes oreilles, j'ai pu surprendre un groupe de jeunes enthousiastes devant ce film du seul fait du jeu des acteurs, effectivement époustouflants. Je plaiderai volontiers pour un scénario incons(is)tant. N'est pas Stanley (Kubrick) qui veut!