Un nouveau film de Sofia Coppola fait toujours couler beaucoup d'encres dans les publications parisiennes. Eloge de la lenteur, fascination du vide, description d'une jeune génération désœuvrée à la recherche de mythes modernes. La vacuité intrinsèque des films de SF touche parfois les abysses du Pacifiques Sud ("Somewhere"), atteint rarement une forme de grâce adolescente ("Lost in Translation") et hypnotise à l'occasion ("Virgin Suicides", "Marie-Antoinette"). Ici, le film est inutile et aborde un sujet sans intérêt, mais le résultat est convaincant. Note: 2.5/5.

 

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Une bande d'ados de la upper-mid-class californienne se livre à des cambriolages dans les garde robes de stars imprudentes. Les fenêtres mal fermées, les clés sous le paillasson et l'absence de vigiles font la joie de teens tout heureux de piquer des sacs Chanel ou des Loub's léopard. Inspirée d'une histoire vraie, ce film brouille la frontière entre réalité et fiction, et renvoit au mythe légendaire de la caverne d'Ali Baba..

 

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Qui ne reverrait pas de piquer les escarpins de 14cm de Paris Hilton? Une bande d'ados désœuvrés l'a fait, plusieurs fois. Loin d'être des graines de malfrats, ils vivent dans un confort sans opulence, si loin si proche des couvertures de magazines. Pourquoi pas eux? Les dressings leur sont grand ouverts, se servir n'est pas un mal, juste une équitable redistribution des fringues. Selon eux. Une sorte d'adaptation revisitée de Marx, le communisme pour les Nuls.

 

Loin d'être idiots, nos jeunes cambrioleurs n'ont juste pas conscience de franchir une ligne jaune. Le sentiment d'impunité est caché sous les armoires de loubs et les étalages de lunettes frimes. Accéder si facilement à un statut de gloires locales les galvanise, noyant leur prudence naturelle sous une vantardise toute juvénile. Il y a de la fascination à voir ces jeunes Bonny & Clyde voler aux riches pour leur gloriole personnelle.

 

Le retour de bâton n'en sera que plus âpre. Persuadés d'une absence de délit, le déni sera total, et la chute d'autant plus cinglante. Cette ode à la facilité, avec plages ensoleillés et petites minettes en voie de Botoxisation, aborde un sujet sans grand intérêt. La fascination pour les habits des stars renvoie à un mythe millénaire, Midas & Co, Robin des bois et Cie. Pas de victimes, si ce ne sont les placards trop pleins de stars trop payées, trop famous trop jeunes et qui ne savent pas quoi faire de leurs dollars amassés. Au bout de la 50e paire de Loub's, une loi devrait obliger à les partager.

 

Critique d'une société qui use et abuse de la poudre aux yeux, de stars qui n'ont d'autres faits d'armes que de prendre bien la lumière et de jeunes poulettes aux yeux écarquillés devant tant de strass. La société se donne les mythes qu'elle mérite, il y aurait beaucoup à dire sur ceux offerts à ces jeunes loups inconscients.

 

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Note: 2.5/5, pas de lenteur exacerbée, juste un Coppola mineur mais pas désagréable.

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