A vu « Tel père tel fils » (3/5). Film japonais aride mais touchant. Depuis 7 semaines à l’affiche, cette histoire de bébés échangés à la naissance et dont la découverte de l’échange plonge les 2 familles dans le désarroi 6 ans après interpelle et fascine. Certes le film joue sur des ficelles bien connues. Les différences sociologiques aigues, avec à gauche la famille aisée et glacée et à droite le troupeau aimant, bruyant et désordonné. La question du lien du sang avec la question des poids respectifs de la filiation et de l’éducation. Le risque d’explosion de la cellule familiale face à un séisme inattendu. Les acteurs jouent leur partition à fond et entretiennent la tension tout au long des mois qui s’égrènent avec toujours les mêmes doutes. Echanger les enfants ? Privilégier la garde partagée ? Ignorer la situation ? Demander leur avis aux enfants ?

Aucune bonne solution ne parait possible. Et le film insiste sur cette impossibilité de trouver une réponse aisée en peu de temps. Un pragmatisme douloureux s’installe avec toutes les répercussions imaginables sur le développement des deux petits garçons. Le père de l’un, architecte ambitieux et dur au mal, se redécouvre lui-même, les œillères sur son comportement de père absent s’ouvrant petit à petit pour le transformer et l’ouvrir sur les choses importantes de la vie.

Il sera difficile de se rendre au ciné pour voir ce film si vous ne l’avez pas encore fait… mais la VOD est votre amie, une séance de rattrapage dans la canapé est encore plus simple :D