Tangerine (4/5) passe dans 2 salles parisiennes et pourtant c'est un choc autant esthétique que philosophique. 2 travestis zonent dans un Los Angeles mythologique, en quête d'identité et de dollars. Avec leurs perruques, leurs poitrines et leur pénis entre les jambes, elles sont perdues mais ne se laissent pas abattre.
 
Filmé avec un téléphone portable, Tangerine surprend par son esthétique très léchée et son scénario fait d'improvisations. Sindee et Alexandra accrochent la caméra par leur jeu outré et leur plénitude. Elles ne semblent pas jouer, elles font le trottoir et réagissent aux coups du sort.
 
Leur journée ressemble à une odyssée ou aux 12 travaux d'Hercule. Placées dans un contexte moderne totalement déshumanisé, elles respirent la vie et la vitalité. Un grand moment de cinéma, de ceux qui ouvrent à un nouvel univers.
 
Derrière les "bitch" et "fuck" lancés à tout va se cachent une grande pudeur et une inébranlable volonté. On s'attache à ses personnages et j'espère un Tangerine 2 pour les retrouver et voir leur évolution.