a vu « Swim little fish swim » (4/5) en avant-première (sortie le 4 juin) et « Leçons d’harmonie » (3/5). Un film franco-américain frais et intemporel, un film Kazakh trouble et complexe, le cinéma mondial est là, devant nos yeux et il est vigoureux comme tout.

- « Swim little fish swim » tient place à New York, au coeur du Village avec ses artistes en marge de la société et ses rapports sociaux particuliers. Une jeune artiste française, Lilas, tente d’échapper à l’emprise de sa mère mondialement reconnue pour ses oeuvres d’art. Elle se terre chez une amie accueillie par un couple de bobos locaux, Leeward et Mary, qui vivent avec leur petite fille Rainbow. Leeward s’essaye à la musique, Mary est infirmière, leur vie suit un cours inattendu.

Quelle fraicheur dans ce petit film franco-américain, quel ton léger et résolument intemporel. Pris dés le début dans la galère de la jeune Lilas, désireuse de percer dans le monde de l’art new-yorkais, pistée par sa mère omnipotente, sans un sou et sans perspectives, je n’ai plus lâché cette historiette touchante de débrouillardise bohème. J’imagine un scénario échafaudé au fur et à mesure, des chansons ajoutées à l’arrache, une intrigue faite de bouts de ficelle.

Les différences de vue du couple bobo servent de colonne vertébrale à un film qui s’éparpille dans de nombreuses directions. Musicien et chanteur iconoclaste, Leeward rêve sans mot dire de percer et de vivre de sa passion. Mary rêve d’une maison pour sa petite famille. Lilas intrigue Leeward et irrite Mary, seule la petite Rainbow de 4 ans navigue avec une innocence totale dans cet inextricable quasi-vaudeville. Les rêves de chacun cherchent un aboutissement, peu seront élus, beaucoup connaitront la désillusion. La vie d’artiste est faite de hauts (souvent illusoires) et de bas (bien réels ceux-ci).

La musique, la création artistique, les rencontres d’autres plans artistiques, la vie semble un jeu de billard quotidien où les possibilités sont infinies, seul compte l’ouverture d’esprit et l’envie de partager. Leeward a sa porte perpétuellement ouverte, l’ouverture et le partage sont ses principes de vie. Lilas s’immisce naturellement dans cette ambiance d’épanouissement où l’argent manque et la débrouille fait vivoter la famille.

Ce film est un vrai coup de coeur, j’en reparlerai volontiers en juin, il mérite qu’on lui fasse de la pub!

- « Leçons d’harmonie » est mon 2e film kazakh du mois après « L’étudiant », preuve de la vitalité de ce cinéma aux héros taiseux et tourmentés. Aslan est un adolescent renfermé, blacklisté par ses camarades après une blague dont il a été victime. L’arrivée d’un nouveau camarade aux prises avec le chef de gang de l’école va précipiter les choses vers le drame.

Quel charme ont ces films venus d’ailleurs, si semblables et si différents à la fois. Une histoire de lycée avec son gang, ses embrouilles, ses frictions et son anti-héros. Les longues plages de calme et de paysages campagnards alternent avec des scènes d’une crudité saisissante. Un mouton est vidé, un élève se fait bastonner, le quotidien est à la violence omniprésente.

Pas le film le plus ouvert de l’année, mais si vous êtes fans de ces films qui ouvrent les perspectives et interrogent sur soi-même, ce ilm est fait pour vous.

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