A vu « Suzanne » (3.5/5). L’itinéraire chaotique d’une jeune femme que le destin n’épargnera pas. Fille-mère, amoureuse d’un voyou, ballotée entre son père chauffeur routier (étonnant et impeccable François Damiens) et une sœur adorée (surprenante Adèle Haenel), Suzanne attire les revers comme un aimant, victime de sa sensibilité à fleur de peau et de ses choix hasardeux.

Il me tardait de voir enfin Sara Forestier dans un rôle sobre, sans exubérance superflue mais avec une tension dramatique digne des plus grandes. C’est chose faite, elle illumine cette histoire centrée sur les petites gens avec une grâce à la fois candide et profonde. La réalisatrice Katell Quillévéré trouve un ton juste et intimiste pour partager les joies et les peines de sa touchante héroïne. La caméra se love confortablement dans le fil de la vie, avec une honnêteté admirable.

Quant à la bande-son, je vais m’empresser de l’acquérir tant sa qualité est indéniable. Les morceaux composés par Verity Susman (qui se trouve être la leader du groupe de rock anglais Electrelane que j’adooooore) donnent une intensité phénoménale aux aventures douces/amères de Suzanne. Avec en plus le recours à des morceaux de Noir Désir et Leonard Cohen (évidemment), on touche au sublime.