a vu "Sourires d'une nuit d'été (4/5). Un encore jeune Ingmar Bergman s'essaye au vaudeville grand siècle, mettant en scène un avocat réputé, sûr de lui, voire hautain et acculé à une impasse inexpugnable.

Moins d'emphase dans ce Bergman annexe mais non point de charme. L'avocat bourru, sa jeune épouse, le fils futur pasteur irrésolu, la maitresse, le 2e amant de la maitresse, la femme du 2e amant de la maitresse, la soubrette, tous ces personnages évoluent de faux semblants en vrais mirages. L'intrigue classique, à la narration fluide et directe, et aux situations intrigantes, ne manque pas d'un charme que la mise en scène millimétrée fait vivre avec des élans de grâce. L'humour pointe au détour de situations intriquées dans une valse caustique des apparences.

Sorte de "Dr Folamour" du maitre suédois, cette farce plaisante force l'admiration par la parfaite maitrise du réalisateur encore en rodage. Pour un film de jeunesse, quelle maestria! Et ce ton ampoulé délicieusement XIXe siècle fascine par ce respect désuet des conventions et ce sens archaïque des convenances. Je peux compter sur les doigts d'une seule main les comédies actuelles aussi sophistiquées que celle-ci... la classe se dissout trop souvent dans la vulgarité, c'est bien malheureux.