a vu "Samba" (2,5/5). Le trio Toledano/Nakache/Omar Sy se réunit à nouveau dans cette comédie dramatique douce/amère. Un immigré sénégalais menacé d'expulsion se bat pour exister et rencontre diverses péripéties. L'ombre d'"Intouchables" plane sur ce film pourtant différent, moins léger, moins rythmé, plus posé et finalement moins réussi. Le duo de réalisateur en font un film finalement assez lambda, sans raisons particulières de s'enthousiasmer. 

Samba Cissé vit de petits boulots depuis une décennie. Déterminé à continuer son petit bonhomme de chemin, il est menacé d'expulsion. Sa rencontre avec une cadre supérieure dépressive va le motiver à persévérer et à continuer le combat.

Avec un pitch et des personnages touchants, l'histoire aborde la question de l'intégration sous un jour empathique. La question de la précarité, de l'exclusion et de la solitude sont évoqués sous l'angle bienveillant de la solidarité et de l'entraide. La peur de la différence entraine le rejet mais rien n'est perdu, l'espoir demeure. Conceptuellement, difficile de critiquer tant de bons sentiments. 

D'un point de vue strictement cinématographique, l'équilibre est pourtant précaire entre empathie et angélisme. Une histoire plaisante ne fait pas forcément un film homogène et le sentiment que ce film élude des aspects autrement plus complexes ne cesse de questionner le spectateur vigilant. Et comme le film joue aussi sur le filon comique, la mise à distance fait vite oublier l'aspect social. A se demander si ce n'est qu'une toile de fond pour une énième comédie romantique. 

Au final, à force de jongler sur différents niveaux, le film mélange les tonalités et ne trouve pas sa voie. L'alternance entre les scènes de comédie et de drame sent la construction mûrement réfléchie, sans vraie spontanéité ou analyse. Pas un pamphlet, pas un film si drôle que ça, pas un moment non plus désagréable, mais pas un film impérissable. Sympathique mais lambda. Le genre de film finalement vite oublié sitôt regardé.

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