Films bulgare et iranien qui ne feront pas des millions d'entrée, et pourtant... The Lesson (3,5/5) est un conte cruel particulièrement haletant sur une femme seule contre tous, Red Rose (3/5) évoque la Vague Verte de 2009 et la contestation étudiante avec passion.


The Lesson est un film surprenant, entre la psychose et la leçon de vie. Il suit une institutrice aux prises avec un élève chapardeur qu'elle ne parvient pas à confondre, un mari dépensier qui ne règle pas ses dettes, des créanciers retors qui veulent l'expulser, un père sous la coupe d'une prostituée, en un mot: un destin taquin. Sa bonne volonté et sa ténacité sont ses secrets pour faire face à une accumulation de désagréments et coups du sort. Le film tourne presque au film d'horreur social quand un créancier lui propose une solution inacceptable pour obtenir un délai de paiement. Le titre du film finit par apparaitre tendancieux quand l'institutrice combattive, au lieu d'apprendre une leçon d'honnêteté à ses élèves, se trouve elle-même coincée par ses contradictions. 


Red Rose détonne parmi les films iraniens habituels. Ce huit-clos met aux prises un homme solitaire cloitré dans son appartement avec une étudiante qui se prend d'affection pour lui entre deux manifestations. Tonalité très européenne dans le développement de leurs relations, d'abord distantes puis beaucoup plus intimes. La répression des manifestations est un filigrane dans ce récit initiatique entre quête de liberté collective et découverte individuelle. Des images d'archives souligne la brutalité de la répression avec des images d'une dureté parfois difficilement soutenable.


Un point commun surprenant entre ces deux films: le mot "merci"  utilisé en français à tout bout de champ. Seule différence, le R qui roule. Je ne savais pas que ce mot était si souvent utilisé dans les langues étrangères!