a vu "Quand vient la nuit" (2,5/5). Ambiance de thriller aride pour cette évocation volontairement ouatée d'un quotidien morne et désabusé dans les bas fonds New-Yorkais. Les héros sont fatigués, les réflexes sont usés, les idéaux se sont évaporés. Loin des truands funky de Scorsese, Michael R. Roskam donne une vision maussade de la mondialisation du crime. Les héritiers de Joe Pesci et De Niro sont plus malchanceux que brillants...

Bob Saginowski (Tom Hardy) est barman à Brooklyn. Caractère effacé, vie sans relief, il contemple sans mot dire le système mafieux mettant les bars New Yorkais sous leur coupe. Mais sa vie passée et son caractère caché se révèlent tandis qu'une amie, un chien, un parrain russe, un inspecteur et une petite frappe chamboulent son existence.

Véritable fable moderne sur le caractère implacable du destin, QVLN intrigue par sa langueur indolente. Le personnage de Bob semble reclus, indécis, sans volonté. Zombie dans un univers urbain, sa vie de barman ne l'exalte pas. Taiseux et taciturne, difficile de penser qu'un film entier puisse tourner autour de lui. Issu de la nombreuse immigration polonaise, il ne boit pas, va à l'église tous les matins à 8h, aide son prochain quand nécessaire et fait preuve d'une empathie réservée. Saint-bernard moderne, il ne demande rien mais est prêt à tout donner.

Jusque là, je ne vous ai fait pas rêver. C'est la juxtaposition de plusieurs personnages annexes qui donne tout son sel à QVLN. La femme ancienne paumée junkie, son ancien boyfriend super relou et antipathique (joué par un Matthias Schoenaerts bougon et tête à claques à souhait), l'inspecteur fouineur et lui aussi habitué de l'église de Bob, le parrain tchétchène qui roule des mécaniques, le cousin trop discret pour être honnête, cette galerie pique la curiosité. Et c'est tout l'intérêt du film. Derrière les apparences se cachent des secrets enfouis, des crimes cachés, des mystères bruyants. Au fur et à mesure, la clarté se fait et le petit Bob se révèlera intraitable.

Ce Bob me rappelle un peu le Stan de "L'année du dragon", le bon sens chevillé au corps, les principes intangibles mais le destin immanquablement hostile. La mafia a été italienne, elle a changé de continent et garde sa coupe les petits soldats. Disciplinés pour beaucoup, aventureux pour certains. Le quotidien est gris... pas simple la vie de barman à New York... Au final, on peut se demander si les 1h40 se tiennent, il manque de la gnak ou de la profondeur. On survole les sentiments sans les rendre palpables. Si loin si proche...

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