Sorti en 1980, ce film est l'adaptation de l'Opéra Rock composé par The Who en 1973, lui-même une évocation de l'époque Mods à Londres en 1964. Où l'on suit le jeune Jimmy, tout dévoué à la cause Mods, autant dans l'ab...us d'amphétamines que dans sa haine viscérale des Rockers. Le film vaut plus par son revival 60's que pour son scénario, mais film musical marquant, la note de 3/5 me parait méritée.

Jeunes franchouillards que nous sommes, l'évocation des Mods peut paraitre bien brumeuse. Les Mods écoutaient de la Soul américaine et du Reggae, s'habillaient en costumes sur-mesure, se baladaient en scooters costumisés et se bourraient d'amphétamines. Lointaine ancêtre de la scène Ska des 80's, la mode Mods n'a jamais traversé la manche pour prendre pied sur le continent. Les groupes cultes des 60's étaient les Who (inclus le mythique "My Generation") et les Kinks (inclus le non moins mythique "You really got me"). La guerre était féroce avec les Rockers habillés de cuirs et chevauchant des grosses bécanes, et les rixes sanglantes les opposant dans la cité balnéaire de Brighton faisaient la une des journaux english.

Le film est biaisé par un triple décalage temporel. 1964-1973-1980. Le respect de l'époque est minime (affiches et trains des années 70 apparaissent dans le film) et le réalisateur se contente de copier-coller l'album sur des images manquant le plus souvent de punch. La voie pavée d'or dressée par la critique actuelle passe sous silence le mépris bien longtemps affiché pour un film bien moins marquant que ses collègues "Tommy" ou "The Wall". Quadrophenia a été assez longtemps mal considéré, et ce n'est pas une remasterisation à la hache qui me fera oublier les dizaines d'articles lus depuis 20 ans et assassinant le film.

Le jeune Jimmy, accroché à sa bande et à son style de vie, se réveillera bien malgré lui pour perdre ses illusions. Plaquant parents et boulot pour vivre sa vie de Mods, il se fera blackbouler par ses congénères, bien plus au fait des contingences matérielles de notre vie terrestre. Punk avant l'heure, Jimmy est un chantre du "No Future" à venir, trop précurseur pour ses amis bien moins extrémistes que lui. Cette évocation de la fin de l'innocence voit un jeune Sting jouer un Mods caricatural, jusque dans sa double vie (Mod énergique le jour sur son scooter rutilant, Groom d'hôtel au quotidien pour gagner sa croute).

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Note: 3/5, film un peu sans intérêt pour qui ne s'intéresse pas à la musique et à une certaine époque sixties anglaise, mais d'un intérêt certain pour les fans de Vespa chromée.

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