A vu « Philoména » (3/5). Les 40 visions de la BA projetée frénétiquement à outrance avant les séances depuis plus de 3 mois ne m’ont pas découragé de le voir. Heureux homme, car d’une part toutes les meilleures scènes du film n’y sont pas, et surtout car le film est bien moins simpliste et bien meilleur que ce que la BA laisse entrevoir. De trop nombreux films français devraient prendre exemple, une BA n’est pas un film en concentré accéléré, mais une ébauche. Je dis ça parce que je vois trop de BA de films français qui me dégoutent complètement de voir des films pour in fine me rendre compte que j’avais raison. Quand la BA suffit, pas la peine de voir le film, et ça vaut surtout pour les films français. Fin de la parenthèse.

L’histoire de cette femme âgée désireuse de savoir ce que son fils perdu est devenu (car vilement vendu par des nonnes suceuses de sang) touche au plus profond du cœur (pour ceux qui en ont un). Juste au bon niveau d’émotion. Rien de larmoyant, rien de simpliste, juste parfait. L’impeccable prestation de Judi Dench doit y être pour beaucoup et celle de Steve Coogan pas moins. Un mélange savoureux d’humour anglais mélangé à une mélancolie sous-jacente donne un cocktail touchant d’empathie et de colère retenue.

Ce type d’histoire, déjà relaté dans des films comme « Magdalena Sisters », a beau être archi-connu, on ne peut s’empêcher de pester une fois de plus contre ces bonnes sœurs nécrophiles et anthropophages qui s’arrogent le droit de décider en toute (mauvaise) conscience à la place des autres. Mon petit cœur sensible s’emporte contre cette face obscure de l’âme humaine, justifiée par des préceptes antédiluviens et quasi sectaires. Ce film choque, émeut, et convainc complètement.

Bien content de ne pas avoir fait attention à cette BA trompeuse…