a vu "Perfect Mothers".

Pitch et avis: film franco-australien d'Anne Fontaine, deux amies copines comme cochonnes (LIl': Naomi Watts, Roz: Robin Wright) ont deux bambins super bogoss (pas ensemble, je précise) qui ont dépassé l'âge de la maturité sexuelle... Subtile mélange de film anglo-saxon et européen, ce vaudeville new-age hypnotise et tient en haleine sans faire fuir ni bailler.

Note: 3,5/5: kidnappé par ma chère collaboratrice, plus que circonspect après une bande a...nnonce mollassonne et aux airs de déjà vu, c'est in fine une divine surprise, qui interpelle, tient en haleine, bouscule, et produit une bonne dose d'empathie, voire de projection.

-------

Résumé: Amies d'enfance sur une plage australienne paradisiaque, Lil et Roz ont vus leurs bambins grandir et devenir des gravures de mode. Veuve, Lil élève son petit Ian, surfeur patenté, dans une demeure de luxe. Mariée, Roz éduque son grand Tom, surfeur régulier, dans un foyer moderne. Une chose en amenant une autre, Ian flashe sur Roz, tandis que Tom, piqué au vif, se venge sur Lil. La différence d'âge aura-t-elle raison de ces idylles naissantes?

---

Divine surprise, ai-je dit, qui persiste dans l'esprit longtemps après la projection. Un dosage parfait de séduction juste ce qu'il faut d'éthérée, de sensualité à la fois saillante et imperceptible, de malaise et de ténacité mêlées, le film joue avec les tabous sans jamais que les effleurer. Ces mamans parfaites ont l'évidence du sex appeal triomphant et du sourire sécurisant de la représentation maternelle. Ne pas penser que les grands enfants, au physique avantageux et triomphant, ne feront qu'une bouchée de femmes matures et aguichantes. Tous se bruleront les ailes au feu de la passion borderline.

Contre toute attente (au moins me concernant), le jeu de l'ambiguité et de l'incertitude captive tant la réalisatrice s'ingénie à brouiller les pistes. Elle ne transforme aucun personnage en Ryan Gosling ou Scarlett Johansson débordant de certitude, tout en ne sombrant pas dans le mélo psychodramatique de base à la française. Subtile, ensorcelant, il se produit que l'esprit n'est jamais au repos tant il s'évertue à calculer les probabilités de désastre ou d'esquive minute par minute. Une fois le doigt pris dans l'engrenage, après une présentation des parties en présence, ne reste plus qu'à savoir où nous mèneront les turpitudes de ces couples insolites et impénitents.

Un mot sur le décor paradisiaque de cette pièce dramatique. Ce lagon, à faire saliver le plus rembruni des esquimaux, tient un rôle central. Véritable lieu de maléfice, tel une île mystérieuse, hypnotique, édénique, il regorge d'un appel intrinsèque à la lascivité. Une telle histoire aurait-elle pu se produire nulle part ailleurs? Le coeur de la tourmente se loge sur ce ponton isolé au coeur de cette mer aux apparences immuable et imperturbable, et pourtant... Se méfier de l'eau qui dort, dit-on...

--

Le meilleur du film français et du film anglo-saxon. Trop du premier aurait produit une guimauve indigeste, tandis qu'un excès du second aurait transformé cette délicate évocation du pouvoir de la passion en un "Alerte à Waikiki". Et comme le souvenir de ce film ne fait que s'embellir depuis hier, je ne peux que le recommander. A ma plus grande surprise.