Tout le monde connait Peter Pan depuis le célébrissime film animé de Disney. Avec son costume vert et sa petite plume rouge, Peter Pan a enchanté des générations de marmots. Depuis 1953, des variantes avec des vrais acteurs ont défilé, sans vraiment convaincre. Steven Spielberg a tenté le coup avec un Hook séduisant en 1992 avec Robin Williams en Peter et Dustin Hoffman en Capitaine Crochet, mais à part ça… Warner revient avec une sorte de préquel. Qui était Peter Pan avant d’arriver à Neverland? D’où vient il? Qui est il? Le résultat est décousu, nous allons voir pourquoi.

 Pan a fait un flop retentissant aux Etats-Unis pour sa semaine de rentrée. 15,5M$ pour un budget de 150… ce qui peut s’avérer un gage de qualité comme l’a démontré le grandiose Cloud Atlas, sublime film de SF crashé au Box-Office US, tout en haut de mon panthéon personnel. Au menu de notre Pan, rien de moins qu’Hugh Jackman et Rooney Mara. Aux manettes, le Joe Wright de Anna Karénine et Le soliste… pas trop des blockbusters… Au final, une évocation un peu foutraque de l’univers enfantin de Peter Pan.Enlevé de son orphelinat londonien par les sbires de Barbe Noire (Hugh Jackman), il atterrit dans une mine en vue de retrouver une pierre qui assurer une jeunesse éternelle à Barbe noire. Mais Pan découvre son pouvoir de voler et il s’enfuit avec son compagnon Hook vers le royaume des Sauvages.

L’univers est gentiment enfantin. Les pistolets crachent de la poudre de couleur, Les chutes de 10 mètres de haut finissent avec un léger mal de dos, la gravité n’a pas cours… Mais surtout Ronney Mara incarne une Tiger Lily censée être indienne… zéro crédibilité, cf la mode US des personnages indigènes interprétés par des acteurs/actrices bien whity… Mais pour moi, les moments les plus pénibles sont les chants entonnés par des milliers d’enfants… au menu, Smells Like Teen Spirit de Nirvana et Blitzkrieg Bop des Ramones… que sont devenus nos idéaux de jeunesse? Ces chansons de révolte recyclées dans un film pour enfants, c’est un peu l’ironie de l’histoire. Déjà, la chanson de Nirvana dans le Moulin Rouge de Baz Luhrmann, ça passait tout juste, mais là…

Le film est rempli de scènes d’action improbables et d’effets spéciaux en pagaille. Pan apprend à apprivoiser son pouvoir, Barbe Noire est bien méchant et la gentille indienne made in California multiplie les oeillades. Elle est charmante, mais aussi indienne que moi. Le morceau de bravoure du film consiste en l’amitié improbable mais pas inintéressante entre les très jeunes Peter et Hook. Oui, le beau gosse interprété par l’inconnu (pour moi) Garrett Hedlund est destiné à devenir le méchant ultime de Neverland, le bien nommé Capitaine Crochet. Peut être qu’une suite devrait nous en dire un peu plus? Sauf que je vois mal la Warner remettre le couvert vu le flop probable du film. Crash justifié ou pas?J’avoue que si le film ne m’a pas particulièrement plu, plusieurs membres de l’assistance étaient plutôt enthousiastes. Les goûts, les couleurs… si je n’ai pas été spécialement ébahi, le film peut plaire à des nostalgiques de l’enfance et des conte de fées. Voire des fins d’action complètement exagérés. 

Ce Pan est difficile à cerner. Annoncé comme un blockbuster, il multiplie les tonalités entre comédie musicale, film d’action et film d’aventure. Ne sachant pas sur quel pied danser, le spectateur se fait sa sauce personnelle, piochant ce qui peut lui plaire. Je vous laisse vous faire votre opinion, les 2h du film passent finalement pas trop mal, sans qu’il en reste grand chose mais avec le sentiment de s’être diverti à peu de frais. Faites vous votre opinion!