a vu "No", film chilien de Pablo Larrain relatant le référendum de 1988 et la victoire du Non sur la question de la prolongation du mandat de Pinochet pour 8 ans, note: 2,5/5 parce que l'aspect artisanal du tout, même s'il ne manque pas de charme, peine à captiver l'audience.

Chili, 1988, sous la pression internationale, la dictature en place permet 15 minutes de passage quotidien aux tenants du "Non" pour faire passer leur message à la télévision en vue du référendum prochain. René (Gabriel Garcia Bernal), jeune publicitaire à succès, se fait convaincre de participer à la campagne. Délaissant les messages larmoyants de l'équipe en place, désireuse d'accentuer le message sur les tortures, les morts et les disparus, René choisit de passer un message positif, chaleureux, en bref, vendeur!

Esthétique très eighties pour cette belle évocation d'un combat publicitaire, à l'ère d'une dictature omnipotente et tentant d'impressionner et d'effrayer constamment une équipe manquant de moyens mais ne manquant pas d'idées. 15 ans de dictature a laissé des traces et ils sentent que la roue peut tourner. Seulement, l'abstentionnisme et la routine d'un régime devenu familier sont des écueils qu'il faudra surmonter, à grand renfort de positivisme et d'astuces marketing. Voir les partisans du Oui espionner les astuces des tenants du Non sans vraiment en comprendre la logique est rafraichissant en même temps qu'enrichissant, à l'heure de la communication ouverte et globale.

Le film semble visiblement avoir été tourné en 1988, l'image grésille, les habits et les voitures sont vintage (à voir, cette Renault Fuego orange, furieusement mode!) et les publicités semblent d'un autre temps. Seulement, la mécanique des idées et des astuces ne sont que peu évoquées, je suis resté un peu sur ma fin. Moi qui pensait voir la révolution illustrée, je n'ai que peu perçu la tension d'une époque et le tournant du changement.

En voulant faire délibérément cheap et daté, le film manque un peu de conviction et d'allant. Je vais faire un raccourci qui scandalisera peut être, mais j'ai senti beaucoup plus de souffle et de radicalité dans "Les misérables". Après, ce n'est pas tout à fait la même chose, mais le manque d'empathie nuit au message, combien même clairvoyant et nécessaire. Des intentions louables, mais la cible est un peu manquée.