- "Noé" (3/5) est un blockbuster rafraîchissant. Darren Aronofsky sort de ses histoires intimistes habituelles (drogués, catcheurs,danseuses tous obnubilés par leur quête personnelle et piégés par leurs dark sides) pour s'ouvrir à l'histoire biblique, avec force effets spéciaux et digressions romancées. L'histoire sacrée est un beau terreau, qui ne cessera jamais d'être utilisé, et Hollywood ne se prive pas pour grimer allègrement les versions originales. Pourquoi pas. Ici, l'accent est mis sur l'écologie, la destruction de la planète par ces satanés humains, la reconquête de la nature par un nombre limité d'illuminés et la préservation de la faune luxuriante. Ca donne une quête épique, non sans intérêt tant la volonté du prophète parvient à abattre l'adversité avec l'aide d'un très haut invisible mais bien présent.

 

Spectacle alléchant, traitement grandiloquent, impression d'intelligence disséminée au détour de nombreuses scènes. Darren ne fait rien simplement et c'est pour ça qu'on l'aime.

 

- "Les yeux jaunes des crocodiles" (3/5) est l'adaptation du roman éponyme de Katherine Pancol, psy de formation et ça se voit. L'ouvrage dépeignait subtilement les turpitudes de deux soeurs liées par le sang et de caractères opposés. La lecture fluide attrapait le lecteur fasciné pour ne plus le lâcher. Le film joue sur la même corde avec les destins de deux soeurs qui s'opposent et dont les destinées s'inversent. L'une part de bas pour monter très haut, et l'autre dégringole de son sommet. Lenteur de l'histoire et du film, il fait peut-être avoir lu l'ouvrage pour rentrer complètent dans le long-métrage tant l'atmosphère de film français peut paraitre étouffante...

 

Fan du livre, je m'y suis retrouvé dans cette historiette fine et sensible, à la subtilité millimétrée et aux acteurs au ton juste. Julie Depardieu et Miss Béart se départissent de leurs travers habituels pour se fondre dans deux personnages aux fêlures attachantes. Un bon film du dimanche soir, qui ravira les Damsels.

 

- "My sweet Pepper Land" (3/5) est un western moderne aux confins de la Turquie, de l'Iran et de l'Irak, dans une terre isolée de tout où les traditions tribales dominent. Deux personnages décidés et volontaires, une institutrice têtue et un commissaire inflexible, luttent pour leurs idéaux personnels par delà la méfiance ambiante. Certes, je suis un fervent admirateur de la belle Golshifteh Farahani, ce qui joue certainement dans mon intérêt pour ce film. Mais une fois de plus, l'évocation de terres lointaines aux cultures différentes m'a fasciné et interrogé.

 

Pas le film le plus attractif du moment, à tort. La pesanteur des regards et le choc des volontés donnent une dimension épique à deux personnalités qui devraient s'engloutir sous le poids des coutumes mais parviennent à tirer leur épingle du jeu. Et quand l'amour est au rendez-vous, ça ressemblerait fort à un film de Sergio Leone avec le grand Clint et une conquête de l'Ouest. A découvrir.

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