a vu "Near death experience" (3/5) et c'est hautement... conceptuel. J'escomptais une empathie rédemptrice pour le personnage de Houellebecq... et j'ai bien fait. Je suis resté scotché sur son faciès si particulier, ses manières si inédites, sa voix si reconnaissable. La salle était étonnamment pleine au début du film, et tout aussi incroyablement vide à la fin. La sauce n'a pas pris pour bon nombre, mais ceux qui sont restés ont été récompensés avec cette odyssée bien singulière.

Paul est un employé d'un centre d'appel France Télécom. Sa vie lui semble vide, il décide de mettre fin à ses jours. Il prend son vélo et va se terrer dans la nature insondable du sud de la France en attendant de se supprimer. Seul avec lui-même, Paul soliloque...

Le film tourne autour de Houellebecq. Sans lui, l'ennui pointe, la vacuité plombe, les bâillements se font sonores. Mais Michel remplit l'écran, sa reconversion en acteur fait sens. Déjà dans "L'enlèvement de Michel Houellebecq", il hypnotisait la caméra en ne jouant même pas. Il est comme en lui même, un peu perché mais pourtant lucide, avec une manière peut être unique de l'exprimer. Il met le doigt sur une vérité bien souvent éludée dans notre société de la simplification, de l'évidence, de l'allusion.

Lui n'élude rien et semble toucher à l'essentiel. Il refuse la standardisation et n'hésite donc pas à passer presque tout le film en tenue de cycliste seventies. J'imagine les deux réalisateurs Gustave Kervern et Benoît Delépine planter le décor et laisser Michel en roue libre, présentant ses pensées lapidaires et pleines de sens. La mise en scène est réduite au minimum, les paroles se font économie, le vide devient spectacle, la vacuité performance.

Une bande son pertinente remplit les trous. Franz Schubert ajoute une profondeur un peu artificielle mais on s'y fait. Black Sabbath apporte du punch et permet au héros de se déhancher comme un malade sur une musique que l'on imagine dans sa tête (pas de sono en pleine nature). 

Le film privilégie la profondeur du propos à la dynamique du montage. Ce que je comprends. Pas besoin de parasiter un jeu d'acteur si débonnaire et peu travaillé. En étant lui-même, Michel habite cet Ovni cinématographique qui, s'il divisera certainement, ne laissera personne indifférent.

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