Much Loved (3/5) et NWA (3,5/5) sont deux films très différents, mais il y a au moins un point commun scandaleux entre eux deux: la place de la femme comme objet de plaisir. En dépit de qualités indéniables, ces films m'ont mis assez mal à l'aise.

Much Loved suit 4 prostitués dans le Maroc moderne. Le film oppose relents traditionalistes et pragmatisme, certaines femmes devant se prostituer pour nourrir leur famille. Clients méga riches du Golfe pour quitout s'achète, occidentaux débridés et sans scrupule, clients occasionnels, tous profitent de la manne locale sans savoir les raisons cachés pour une telle disponibilité. Après tout, est-ce bien le problème? Ils veulent de la chair fraiche, elle s'offre eux avec le sourire. La société a beau s'y opposer, l'argent achète tout, même le silence.

Des soirées proches de bacchanales s'enchainent à un quotidien beaucoup moins glamour où l'affection des proches et l'amour sont des luxes inaccessibles. Pleines d'humour, charmantes et cocasses, les héroïnes font face avec recul et discernement. Le film a fait scandale au Maroc mais je paries que ce qui est relaté est finalement monnaie courante un peu partout dans le monde. Qu'on le veuille ou non, le corps se marchandera toujours très bien.

Loin d'être malsain, le film ne franchit pas certaines limites, sauf pour appuyer sur la fatalité du destin. L'argent devient une malédiction, s'échangeant entre des riches sans vergogne et des femmes pour qui le choix n'existe pas. Comme le disait Cloud Atlas, Weak is meat that strong do eat...

NWA relate le parcours sinueux du groupe de rap le plus dangereux du monde. Issus d'une banlieue pauvre et retorse, 5 amis créent un style musical pour exorciser leurs frustrations et leur colère. Fuck The Police créa le malaise par ce titre provocateur et son style hardcore. Dr Dre à la platine, Ice Cube et Eazy E au Mic, 2 autres acolytes et c'est parti. Le récit de l'ascension du groupe est assez jouissif. L'évocation des griefs et de la bataille d'egos fatigue un peu à la longue.

Restent ces images où les lascars font fortune et organisent des bacchanales autour de la piscine. Des nanas en bikinis s'agitent et remuent leurs popotins. Au bout de 10 scènes de cet acabit, j'avoue avoir décroché. Ca ne vous rappelle rien? Un film marocain abordé plus haut peut-être? Oui, l'argent crée la dégradation au mépris de toute éthique. Je ne jette pas la pierre à ces niggaz issus du ghetto, mais ça ne donne pas une super image de l'ascension sociale.

Au final, je vais me regarder un truc plus léger ce soir, j'ai parfois l'impression de vivre dans un autre monde...