a vu "Mistery".

Pitch et avis: film franco-chinois de Lou ye, film surprenant en diable, qui enchaine les surprises tout du long, note: 3,5: grand film mi-thriller mi-mélo qui se suit comme un "Usual suspect". Après un début un peu lent, mais nécessaire pour planter le décor, quelle maestria dans le jeu des apparences pour des personnages abusés et perdus. Film de la semaine. Avec "Queen of Montreuil".

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Résumé: une jeune femme se fait écraser sur une route. De ce point de départ accidentel et tragique va découler tout le reste. Quel est le lien entre cette femme, un couple heureux, une jeune femme élevant seule son fils, un flic aigri et un vagabond triant des bouteilles en plastique? 

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La dernière fois que j'ai pensé sortir au bout de 20 minutes, me ravisant et me félicitant finalement pour ne pas avoir cédé à la facilité, c'était pour "La piel que habito", Almodocar d'abord éreintant pour se finir en apothéose. De manière similaire, les 20 premières minutes sont ici un tantinet rasoirs. Narration obscure, personnages distants, je me sentais de trop.

Mais le temps de faire s'imbriquer les différents éléments, et le récit prend alors tout son sens. Les histoires éparses ne le sont pas, les personnages lisses ont chacun des fêlures, les apparences sont avant tout trompeuses. Chaque personnage est une pièce du "Mystère", un morceau livré à lui même dont les repères se brouilleront bien vite.

N'ayant que peu envie de livrer le mystère, je n'en dirai pas plus. La caméra est portée à l'épaule, épileptique, addictive, confusante. Le flic ressemble physiquement au père, la femme esseulée ressemble à la mère, point de repères. Flou au début, le récit gagne en clarté tandis que les personnages se perdent. Comme une lueur au fond 'un tunnel, l'apothéose choquera autant qu'ele surprendra. 

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Un grand film, sur la perte d'identité et de repères. Où le jeu de la vie se trouve être plus difficile qu'il n'y parait. J'en suis encore tout émoustillé. Un peu de Vertigo (les blondes se ressemblaient), un peu d'Hitchcock, un peu de Bryan Singer. Et un régal à la fin.