Nanni Moretti est le Woody Allen transalpin, sans la régularité annuelle quasi horlogère mais avec toujours la même petite musique. Les films se répètent, varient subtilement et ressassent les mêmes obsessions du réalisateur. Mia Madre (2/5) est un peu comme un mauvais Woody Allen, jamais si mauvais que ça mais pas forcément à la hauteur des attentes.

Margherita (Margherita Buy) réalise un film. Femme de caractère, elle mène son existence avec poigne et indépendance. Mère d'une adolescente, divorcée, en instance de séparation, son sillon est tumultueux. Mais ses pensées sont toutes tournées vers sa mère malade. Marghetita et son frère Giovanni (Nanni Moretti, évidemment) l'entourent et assistent impuissants à ses défaillances grandissantes.

Pas d'effets spéciaux, pas de mouvements de caméra innovants, Nanni Moretti multiplie les interactions et les dialogues. Le foisonnement de personnages est habituel chez lui, le plus anecdotique rôle secondaire pouvant devenir central le temps d'une scène. Margherita et Giovanni accaparent la caméra et leur émotion pudique monopolise la caméra.

J'aimerais bien avoir un autre avis car je suis passé à travers le film avec l'impression diffuse de regarder un téléfilm. Même John Turturro semble un peu éteint. Là où La Chambre du Fils atteignait des sommets métaphysiques, Mia Madre restera (selon moi) un film mineur. Grand fan de Nanni devant l'éternel, je n'ai aucune acrimonie, mais sa marque de fabrique tend à manquer de renouvellement... vivement le prochain Habemus Papam!