a vu "Massacre à la tronçonneuse" (4/5) au cinéma. Le film d'horreur le plus connu de l'histoire, réalisé avec deux bouts de ficelle et trois morceaux de bois, fait toujours son petit effet. Un amateurisme éclairé aboutit à une angoisse omniprésente. Pas de scènes gorissimes ni d'images horribles, juste une pesanteur plombante et un art du minimalisme qui fait mouche. Les jeunes héros vivent un cauchemar total, de ceux qui empêchent de dormir. Je sens que la prochaine nuit va être longue.

Un van, 5 jeunes en vadrouille, une chaleur suffocante, l'essence qui vient à manquer, un arrêt dans la maison des parents de Franklin. Des voisins un peu spéciaux qui aiment jouer avec une tronçonneuse.

Grande leçon de cinéma que ce film qui suggère beaucoup et montre peu. Des personnages humains mais dégénérés habitent une contrée reculée du Texas. Issus d'une longue lignée de consanguins, une famille spéciale - que des hommes - piège les voyageurs de passage. Tortures, morts violentes, des décennies de travail à l'abattoir ont aiguisé l'amour de la vianda du grand père, du père et des deux fils. Une chouette famille sans pitié de sanguinaires charcutiers. Quelques leçons à en retenir.

Premier enseignement: ne jamais prendre d'autostoppeur avec une tête bizarre et le regard torve. Ca peut mal finir surtout s'il sort son couteau dans le van et commence à taillader le pote en fauteuil roulant. En plus il raconte que des bêtises et semble assez hostile. Ca peut mal finir cette histoire.

Deuxième enseignement: respecter la propriété privée. Les jeunes hippies rentrent dans une maison sans autorisation. Bien mal leur en a pris. Il seraient resté dehors, rien ne leur serait arrivé. Dans les coins reculés des Etats-Unis, une balle dans la tête est si vite arrivée pour les resquilleurs non bienvenus... après, je suis d'accord, ce n'est pas non plus une raison pour découper les intrus en rondelles, surtout s'ils ont l'air jeunes et bienveillants.

Troisième enseignement: le film aurait tout aussi bien pu s'appeler "Massacre au marteau" car comparativement, le marteau fait bien plus de dégât que la tronçonneuse. 3 contre 1 même. Un bon coup sur le crâne, ça calmerait n'importe quelle bestiole. Quitte à fignoler après à la tronçonneuse. 

Quatrième enseignement: c'est une mauvaise idée de partir à la recherche de ses potes en pleine nuit avec une lampe force et le pote en fauteuil roulant. La lampe torche empêche de voir distinctement les serial killers sur le côté et le mec en fauteuil roulant va forcément vous freiner. Heureusement, c'est certainement lui qui y passera en premier. Forcément. Et puis si vos potes partis en éclaireur ne sont toujours pas revenus, ce n'est pas bon signe, il faudrait penser à aller chercher des secours.

Cinquième enseignement: le film terrifie grâce à la conjonction de trouvailles qui feront date. La musique oppressante, le soin donné à l'image, le rythme particulier fait d'alternance entre longueurs et mouvements saccadés, la fille qui hurle à s'en péter les tympans, la famille de tarés mentaux cannibales et anthropophage. C'est savant et sacrément bien fichu. Des décennies de films d'horreur s'en inspireront, rajoutant au passage quelques bonnes tonnes d'images gores, c'est bien dommage.

Au final, j'ai bien flippé, Leatherface est un personnage benêt mais monomaniaque. Soit il aime, soit il trucide. Pas de quoi en faire un être social, il est plutôt bien dans son coin reculé. Souhaitons qu'il y reste!

Écrire commentaire

Commentaires : 0