Première projection presse depuis bien longtemps hier soir pour "Mary Queen of scots" (3/5), sortie prévue dans les salles le 29 octobre 2014. Séance la veille du vote pour l'indépendance de l'Ecosse, belle coïncidence! Concentré sur la tumultueuse vie de Marie Stuart, le film navigue dans un 16e siècle ravagé par les querelles religieuses et les sanglantes confrontations franco-anglo-écossaises. Résolument théâtral et littéraire, il est l'adaptation de la biographie par Stefan Zweig, il y a des sources plus douteuses!

De 1542 à 1587, Marie Stuart devint la reine d'Ecosse la plus controversée de l'histoire. Mariée 3 fois, cousine honnie de la reine d'Angleterre Elisabeth 1er, elle fut reine d'Ecosse, reine consort de France et héritière présomptive du trône d'Angleterre. Vie tumultueuse et passionnée, qui la mena à l'échafaud, comme c'était la mode à l'époque.

Film d’époque, en costume, avec de très belles robes comme l’a souligné ma collaboratrice, « Mary queen of scots » joue la carte d’une promiscuité temporelle entre 16e et 21e siècle. La véracité historique importe peu, le réalisateur Thomas Imbach privilégie le jeu d’acteurs, les rapports obscurs, les peurs inconscientes et l’inconfort des situations. Une musique souvent stridente et dissonante suggère le danger en lieu et place d’une mise en scène épurée voire elliptique. Pas d’effets spéciaux, pas de foule nombreuse, pas de trompe l’œil. Les acteurs sont comme sur une scène de théâtre, débattent, brettent, alternent entre tension et émotion. Ce que les costumes insinuent, la jeune héroïne et ses comparses semblent le démentir, le jeu porte sur des scènes d’époque mais réactualisées. Le 16e siècle si obscur gagne en modernité par la grâce de comédiens qui délaissent le jeu académique pour une performance plus moderne.

L’économie de moyens déroute au départ pour finalement trouver son sens au fur et à mesure de l’intrigue. Les batailles ne seront pas homériques, la cour ne sera pas peuplée de courtisans, l’écran ne sera pas encombré d’intermittents. L’impression de théâtralité est omniprésente, seules quelques balades à cheval et dans la nature de l’Ecosse éternelle ouvrent le cadre à plus de cinématographie. Quant à l’intrigue, elle colle à l’existence d’une Marie Stuart à cheval sur 3 nationalités, ballotée entre les cultures, désireuse d’amour mais cause de haine, petite créature prisonnière des passions et de la raison d’état. 

Au final, un film plus intéressant qu’enthousiasmant, de par son rythme non pas soutenu mais diffus. L’actrice Camille Rutherford, aperçue dans « La vie d’Adèle » et « Holy Motors », devrait revenir prochainement et continuer son initiation cinématographique accélérée. Quant à Mehdi Dehbi, révélé dans « Je ne suis pas mort » et « Le sac de farine », nul doute que sa carrière n’en est qu’à ses prémices !

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