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a vu "Mariage à l'anglaise", "L'esprit de 45" et "The Lebanese rocket society". Une comédie pas si romantique, deux documentaires passionnants sur un certain esprit aventureux, positif et volontaire post WW2, essayons de faire court.

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"Mariage à l'anglaise" s'inscrit dans la longue liste des comédies british à l'esprit So Shocking et aux réparties Oh My Gosh! Nat et Gosh se marient 7 mois après leur rencontre. Malgré la grande passion des débuts, leur famille ne leur donne pas un an ("I Give it a year" est le titre en VO). La date fatidique des 1 an sera pour eux un enjeu de taille, à atteindre coûte que coûte, malgré les différences irréconciliables, les quiproquos en rafale et des yankees bien séducteurs. Avalanche de blagues plus ou moins fines pour un film pas forcément désagréable mais sans une once de vraie originalité. Simon Baker aurait pu se la jouer Mentalist histoire d'innover un peu ("C'est quoi cette tâche blanche sur la robe de mariée? On dirait...!!!").

Note: 1.5/5, je promets une longue vie sur la VOD ou en DVD à ce film du dimanche soir, à ne pas voir en famille, mais plutôt en couple.

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"L'esprit de 45" est un documentaire de Ken Loach, chantre impénitent du film social à l'anglaise. Un retour vers le passé salutaire par ces temps de grisâtre printanière. D'abord un récit. La crise des années 30, le fossé toujours plus large entre fortunés et petites gens, l'impossibilité de vivre décemment pour une large partie de la population au cœur de l'empire le plus puissant du monde. Et puis la WW2, le retour des soldats, et un élan irrépressible vers un avenir meilleur. Des lois sociales keynésiennes (nationalisation de tous les services publics, création de la sécurité sociale, politique volontariste de logements) visent à la prospérité et au bien être de tous. L'état providence comme soutien omniprésent. Et patatras, Thatcher, l'individualisme et la privatisation à outrance.

Savant mélange de témoignages et d'images d'archives, cette évocation d'un temps où la foi dans la communauté et le progrès pouvait bouger des montagnes est un reminder bienvenu... à une époque où les similitudes avec un temps pas si éloigné sont légions. Documentaire trépidant, parfois simpliste mais toujours honnête. 

Note: 3.5/5, l'heure et demie passe à une vitesse sidérale. Rythmé, soutenu, intéressant, un documentaire passionnant sur un sujet peut-être aride mais de la plus grande actualité.

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"The Lebanese Rocket Society" narre la tentative par des étudiants libanais, assistés par leur professeur puis l'armée, d'envoyer une fusée dans l'espace, entre 1960 et 1967. Page inconnue de l'histoire du pays, cette évocation incroyable est ressortie des cartons par la foi des deux journalistes bien décidés à rendre hommage à ces pionniers. Page inconnue car difficilement croyable, les archives abondent pourtant dés qu'on y prête attention. Et savoir qu'une fusée est passée à quelques centaines de mètres de Chypre en 1964 est savoureux en même temps que difficilement imaginable. La récupération militaire de ce projet d'abord scientifique provoqua l'arrêt des recherches. 

Filmé comme un thriller, les détails se font jour petit à petit, jusqu'à ce dernier épisode, l'implantation d'une copie de Cédar 4 dans la cour de l'université, avec récit de tous les problèmes afférents. Pour ne pas oublier qu'il y eut un temps où tout semblait possible et où l'imagination n'avait pas de frontières.

Note: 3/5, avec en prime les réalisateurs pour conter cette histoire et répondre aux questions, un moment hors du temps.

 

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