Etrange séance ciné que ce "Marguerite et Julien" (1,5/5). Valérie Donzelli s'inspire d'une histoire d'amour véridique entre un frère et une soeur au XVIIe siècle pour... oui, pour quoi, au fait? Difficile de trouver une justification pour un exercice de style vain et creux.

Marguerite et Julien de Ravalet ont véritablement été exécutés le 2 décembre 1603 en place de Grève à Paris pour adultère et inceste. Le film s'inspire librement de cette triste histoire.

Valérie Donzelli s'inspire clairement de Peau d'âne et multiplie les anachronismes. Là où Jacques Demy contait l'histoire d'un père qui veut épouser sa fille, c'est au tour d'un frère et d'une soeur de fricoter. Un roi, des hélicoptères, des chevaux, un tourne-disque, VD brouille les frontières temporelles et situe son histoire dans une époque indéfinie, entre passé et présent. Musique baroque et Shangri-las cohabitent dans une bande son aussi désarticulée que le film lui-même.

Car comment adhérer à un film quand les personnages ne sont pas vraiment emphatiques (ni antipathiques d'ailleurs). VD ne parvient pas à insuffler un zest de réflexion et une touche de recul. A la manière d'un conte pour enf... euh, adultes, elle échafaude une narration (bancale?) mais sans y apporter de profondeur. Anais Demoustier et Jérémie Elkaim semblent bien perdus. Quant à la réalisation son amateurisme (voulu?) n'aide pas et la comparaison avec Peau d'âne s'arrête là.