J'ai vu "Marguerite" (3/5) et le ton du film m'a complètement surpris. Je m'attendais à un film comique sur le thème d'une Castafiore qui casse les oreilles de ses amis, et je tombe sur un film empreint d'une immense tristesse. Alors on rit, souvent, mais le destin tragique de cette épouse abandonnée qui croit dur comme fer dans son potentiel de diva joue surtout sur la corde sensible.


Marguerite Dumont organise des concerts pour son cercle d'amis richissimes et amis des arts. Mais sa voix est abominable et personne n'ose le lui faire remarquer. Entourée d'un mari absent et de domestiques dévoués, elle se rêve soprano reconnue et applaudie. Jusqu'à l'organisation d'un concert public qui bouleversera son existence.


Depuis Un Air de Famille, Catherine Frot excelle dans les rôles drolatiques de femme bafouée et un peu coconne. En Castafiore, ses sourires déployés et ses postures extravagantes font merveille. On rit des situations incongrues où elle se retrouve sans même en avoir conscience. Mais Marguerite est surtout l'histoire d'une épouse délaissée jusqu'à l'aliénation.


Les raisons de son aveuglement tiennent à la maigre place que lui accorde un mari volage et trop lâche pour lui avouer la vérité. Une question intrigue pendant tout le film: comment ne peut-elle pas se rendre compte de son peu de talent? Malgré les railleries contenues et exprimées dans son dos, ne peut-elle pas elle-même se casser les oreilles avec sa voix de crécelles?


Les 2h de film contiennent 20 bonnes minutes de trop mais méritent l'expérience. Métaphore de tant d'histoires similaires sans voix horrible mais avec des adultères, ce Marguerite intrigue et fait méditer bien après la séance.