a vu "Malcolm", comédie US grinçante, le visionnage au cinéma n'apporte pas de plus value et un DVD futur pourra faire l'affaire, note: 2 pour le propos iconoclaste qui dézingue à tout va.

Anglais de nationalité mais new-yorkais d'adoption, Malcolm vit dans le Lower East Side. Il demande à un cameraman et un réalisateur de filmer son existence, ses propos philosophiques, ses amis, pour étayer son Manifesto et prôner le retour de la créativité et de l'originalité. Le confort amenant selon lui l'apathie, il vise à faire fuir de son quartier les bobos, responsables selon lui d'une gentrification désastreuse, en instaurant un climat d'insécurité. Pour cela, il se livre à un carnage méthodique, espérant frapper l'opinion publique.

Comparé hâtivement à "C'est arrivé près de chez vous" par ceux qui ne l'ont pas vu, "Malcolm" rejoint la cohorte des films US indépendants actuels qui mettent en joue les dérives de la société consumériste. Comparé également à "God bless America" pour l'usage de la violence gratuite contre les supposés responsables de ces dérives, il n'en a néanmoins pas la subtilité. Malcolm est avant tout lui-même un bobo, imbu de sa personne qui, ne supportant pas le reflet renvoyé de lui-même par l'humanité, supprime les miroirs humains pour ne plus voir son image. Il ne prône ainsi pas des objectifs humanistes, mais critique gratuitement, autant verbalement qu'à coup de Magnum, tous ceux qu'il conchie. Ainsi, ses victimes sont exclusivement WASP, jeunes, friqués et péremptoires, assez proches de lui, donc. 
L'humour anglais du personnage est néanmoins séduisant et, si les meurtres s'enchainent à un rythme métronomique, le film est avant tout artisanal et on est loin de Saw 4 (que je n'ai pas vu mais j'imagine).
La philosophie initiale est assez proche d'un détachement stoïcien mais va vite s'emballer dans une névrose psychotique, Malcolm ne faisant plus la différence entre ceux qui l'agacent gratuitement et les critiques de ses proches. L'issue n'en sera que plus fatale et la conclusion jubilatoire: nous sommes chacun un Malcolm qui s'ignore. 
Dans ces temps de polémique US sur le contrôle des armes à feu, les membres de la NRA devraient regarder deux secondes ce film...