a vu "Maléfique" (2/5). Le conte universellement connu de Charles Perrault et des frères Grimm est pillé, travesti, grimé pour le plaisir des petits et des grands avec une place centrale accordée à la méchante marraine Maléfique. Plaisant mais stérile, indolore, inodore. Quelques effets spéciaux de qualité, mais des longueurs font de la narration un long moment à passer.

La jeune fée Maleficient - drôle de nom pour une enfant, mais à quoi pensaient les parents? - connait une enfance heureuse jusqu'à sa rencontre avec un homme ambitieux qui lui coupe - littéralement - les ailes. Elle n'aura de cesse de se venger contre l'intrigant devenu roi en jetant son dévolu sur sa filleule Aurore, la condamnant à se piquer le doigt sur un fuseau ouvrant son destin à un sommeil éternel. Ca, c'est le conte connu. Mais Disney fait tout valser en live.

Ce conte pour enfants et adultes ne cesse d'empiler les détails gênants. Angelina est jolie mais avec un visage refait par ordinateur, c'est un peu juste... ses paumettes sont-elles vraisemblables tant elles semblent refaites, informatiquement ou chirurgicalement? La jeune Elle Fanning joue une Aurore vaporeuse, onirique, absente, donnant très peu de relief mais beaucoup de sourires à son personnage. Le méchant roi est le méchant Afrikaner d"Elysium" avec toujours ses R roulés et son regard hostile. Le corbeau est joué par le toujours excellent mais ici assez inutile Sam Riley vu pour l'éternité dans "Control" dans le rôle de Ian Curtis.

Le film est longuet, parfois magique, notamment dans le monde des fées, parfois punchy surtout sur la fin. Mais Perrault & Grimm doivent se retourner dans leur tombe avec cette version Hollywoodienne qui traine dans la boue le conte original. Après, pourquoi pas? Les contes sont faits pour évoluer et Charles & Bros avaient déjà adapté un conte très ancien remontant au Pentamerone de Giambattista Basile en 1634. Si on ne peut plus jouer avec les histoires anciennes, c'est la fin des haricots!

Pour finir, je vais citer Wikipédia, une fois n'est pas coutume, pour souligner le rôle très important des contes dans l'éducation des petits enfants. Celui de La Belle au bois dormant n'est pas le moins lourd de symboles! Courage, c'est très intéressant! Ca vous donnera peut-être envie de voir ce film, divertissant tout de même. Les imperfections ne sont que du détail!

 

"Bruno Bettelheim, dans sa Psychanalyse des contes de fées, voit dans ce récit un processus initiatique, une manière de préparer les petites filles aux changements qui les attendent. Malgré toute l'attention des parents et les dons prodigués par ses marraines, la petite fille est frappée dès le berceau, c'est-à-dire dès sa naissance, par la malédiction qui s'accomplira à son adolescence. Cette malédiction, marquée par le sang qui coule (une allusion à la menstruation) a une origine ancestrale. S'ensuit un repli sur soi (un sommeil de cent ans) et une forêt de ronces qui ne se lèvera qu'à l'arrivée du prince charmant, le seul à trouver la voie, à lever les obstacles et sortir la princesse de son sommeil grâce au baiser de l'amour. Le prince n'est en fait qu'une figure accessoire, la trame du conte mettant en scène les diverses phases de la vie d'une femme : l'enfance, l'adolescence et la jeunesse représentée par la princesse, la mère représentant l'âge adulte, la fécondité et la grossesse, et la vieillesse incarnée par la Fée Carabosse".

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