Ce Madame Bovary (3/5) brille par sa langueur. L'ouvrage de Flaubert est transposé très justement (avec certes quelques raccourcis et oublis) en faisant surtout ressortir l'ennui et le désespoir de l'héroïne. Epouse délaissée, avec un mari aimant mais absent, les tentatives d'échapper aux conventions, Emma Bovary est une prisonnière qui veut se libérer de ses chaines.

Le rythme autant que les images sont sans rythme, la réalisatrice Sophie Barthes transforme la vie d'une bourgeoise de province en long tunnel sans vie. Emma multiplie les aventures mais les amants autant que tous les autres personnages masculins n'imaginent pas la placer à une autre place que la sienne. Femme mariée, sans atouts au delà que ceux de son corps.

Le film passe dans très peu de salles parisiennes. Le très grand classicisme du film rebutera alors qu'il fait sa force. Mia Wasikowska et les autres acteurs font merveille dans ce drame de province. Ah, la Normandie, son temps couvert, ses incessantes pluies, ses ruelles boueuses... le film est plein de charme pour qui veut se plonger dans une époque pas si lointaine!