a vu "Leviathan" (2,5/5), prix du scénario à Cannes, film russe aride, alcoolisé et profondément injuste. Les pourris triomphent et le petit peuple vivote. Un noir et blanc stylisé n'aurait pas dépareillé pour refléter l'ivresse ambiante et l'abandon collectif. L'expropriation d'un propriétaire est la clef d'une intrigue compassée, aux joies futiles et aux coups du sort assassins.

Expérience cinématographique un peu gratuite que ce spectacle d'une nature paisible face à un peuple presqu'enterré sous terre. Le Léviathan est peut être ce maire sans vergogne écrasant ses proies, ou cette carcasse de baleine échouée sur la plage, ou cet adolescent qui fuit le quotidien. Ou ce n'est peut être qu'une image biblique, ce que souligne la parabole religieuse inséparable du film. Heureux les pauvres d'esprits, le royaume de Dieu est à eux... bien maigre consolation pour ces héros cabossés par la vie et qui ne se relèveront pas de la fureur du destin.

Et comme le Léviathan est un monstre biblique bien connu, une petite citation du livre de Job, c'est bonheur:
"Tireras-tu Léviathan avec un hameçon, et lui serreras-tu la langue avec une corde ? Lui passeras-tu un jonc dans les narines, et lui perceras-tu la mâchoire avec un anneau ? T’adressera-t-il d’ardentes prières, te dira-t-il de douces paroles ? Fera-t-il une alliance avec toi, le prendras-tu pour toujours à ton service ? Joueras-tu avec lui comme un passereau ; l’attacheras-tu pour amuser tes filles ? Les pêcheurs associés en font-ils commerce, le partagent-ils entre les marchands ? Cribleras-tu sa peau de dards, perceras-tu sa tête du harpon ? Essaie de mettre la main sur lui : souviens-toi du combat, et tu n’y reviendras plus."

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