Laisse pas trainer ton fils, si tu veux pas qu’il glisse… la fatalité du destin de délinquant

« Les poings contre les murs » (4/5) n’y va pas par 4 chemins dans les couloirs tortueux d’une prison anglaise, privilégiant la radicalité à la finesse, le ton bulldozer à la sérénade. Le quartier des prisonniers dangereux est une pétaudière où se côtoient les plus perdus des déchets de la société. En s’y faisant condamner pour une peine très longue, le jeune Eric Love y retrouve un père emprisonné depuis belle lurette et garant d’un système d’enrichissement entre 4 murs. Le chemin du fils était tracé d’avance, son destin écrit par des divinités malfaisantes. Il ne pouvait que finir mal…

Film interdit aux moins de 12 ans car aux scènes choquantes comme un chaton lâché aux Rottweilers, ses 1h45 s’étirent en longueur, faisant mariner le spectateur dans une ambiance délétère voire putride. Pas de salut pour la lie de la société qui, après s’être battue contre un système qu’ils rejettent, doit faire face à un internement avec ses règles pas moins délictueuses. Le chef du système mène ses troupes pour son profit personnel, instaurant un revenu minimal d’enfermement. Les matons sont de mèche, les rivalités se taisent… jusqu’à ce que le jeune Eric vienne perturber l’horlogerie.

Chien fou, sans repères ni demi-mesure, Eric ne jure que par le conflit et l’affrontement pour s’affirmer et triompher. Avec un père lui-même criminel et une enfance que l’on imagine loin du monde des Bisounours, son impasse existentielle était cousue de fil blanc. Pas de bonheur pour les oubliés de la lumière. Eric se bat, sans trop savoir pourquoi, pour l’honneur, la fierté, l’orgueil, ce qu’il lui reste finalement. De conflits en conflits, il comprendra comment fonctionne le monde carcéral et s’y confrontera.. avec violence, évidemment.

Dans cet océan de malheur, Oliver anime un groupe de discussion pour expurger les frustrations enfouies et changer les criminels en hommes plus justes. Admirable que de voir les ressorts de sa psychologie pour aider les détenus et leur apprendre à canaliser leur colère pour ne plus dégoupiller au moindre regard de travers. En se confrontant à d’autres enragés, Eric se perçoit lui-même et évolue dans la conscience de soi.

Mais pas de happy end dans l’univers des pénitenciers. Comme le récent et cruel « R » suédois, la prison est un début et une fin avec un chemin sans destination. Le fils et le père se retrouveront dans les gravats de leur affrontement pour une paix des braves, rien de plus à espérer qu’un armistice dans les décombres d’une dure bataille. A l’ancienne… sauf que cela se passe de nos jours, preuve que l’esprit guerrier subsiste en chacun de nous.

 

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