Le cinéma argentin n'est pas le plus connu du monde chez nous et pourtant, il propose régulièrement de belles pépites. Je vous recommande ainsi: les thriller "Neuf reines", "Hypotesis" et "Dans ses yeux", le drame historique "Carnets de voyage", la surprise de Coppola "Tetro", le puissant biopic "Violetta", l'intéressant "Le médecin de famille", le tendu "Elefante Blanco" et maintenant "Les nouveaux sauvages". Cinéma lointain mal distribué dans nos contrées, il mérite pourtant de nous y intéresser.
Côté acteur, je ne connais que Ricardo Darin, acteur le plus connu d'Argentine et apparu dans "Hypotesis", "Elefante Blanco"" "Dans ses yeux" ou "Neuf reines". Avec ses chevaux poivre et sel, ses yeux plissés et son regard hypnotique, il s'exporte partout.

"Les nouveaux sauvages" (3,5/5) est un film à sketch comme le cinéma italien en proposait à la pelle dans les années 60. 6 histoires se succèdent avec comme point commun le dépassement du point de rupture. Poussés à bout par des circonstances hostiles, les 6 héros/héroïnes pètent un câble et se laissent aller à des sentiments que la morale publique réprouve. Vengeance, colère, loi du talion, envie de meurtre, lâcheté, irrespect des riches pour les pauvres, le réalisateur Damián Szifron appuie là où ça fait mal. Volontairement, gratuitement, excessivement, il joue la caricature au-delà du concevable.

Résultat, il joue constamment sur le fil du rasoir. La frontière est mince entre le jouissif et le ridicule. Sur 6 sketches, compte tenu de la variété des situations, on peut considérer que la multitude appréciera généralement au moins 4 d'entre eux et que 2 paraitront moins convaincants. Bonne moyenne, ça vaut le coup de se faire plaisir devant ces tableaux empreints de brutalité, de petitesse, voire de vilénie. Là où l'éducation et le savoir vivre enjoignent habituellement de réprimer les instincts primaires, "Les nouveaux sauvages" vise le laisser aller, l'abolition des règles de vie en société, l'explosion des sentiments.

Seul bémol à cette euphorie démoniaque: les sketchs ont ce petit quelque chose d'arbitraire qui peut lasser à la longue. Heureusement le meilleur sketch (pour moi) est situé à la toute fin avec ce mariage culte qui vire à la vendetta carabinée. L'union de deux êtres est censée donner lieu à des effusions de joie, une communion de pensée, une légèreté temporaire. Les poncifs habituels sont trainés dans la gadoue, pour la plus grande joie des spectateurs.

Pas de limites ici, c'est un bon exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire pour éviter quelques mauvaises surprises...

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