Les chansons que mes frères m'ont apprises (3,5/5) ausculte l'existence chiche et tronquée d'indiens d'Amérique au coeur d'une réserve. Langueur, désespérance, absences de perspectives, les amérindiens noient leur chagrin dans l'alcool et survivent grâce à des expédients et des petits trafics. Ce coup de projecteur scrute les coeurs et les esprits, révélant la force de caractère et les choix auxquels sont confrontés chacun de nous.


Parquées depuis la moitié du XIXe siècle, les populations autochtones vivent à la marge du rêve américain. Aux États-Unis, une réserve indienne est un territoire réservé aux tribus amérindiennes et géré par le Bureau des affaires indiennes. Les vrais habitants originels de l'Amérique du Nord, ce sont eux, maintenant laissés pour compte et fortement incités à rester concentrés dans ces non territoires.


LCQMFMOA suit une famille d'indiens marquée par l'absence du père. Décès du père de famille, perte des repères, défaillance de l'état, la figure paternelle autant que la terre nourricière semblent avoir abandonné ces populations désincarnées. On suit le parcours de quelques descendants à la croisée des chemins, Johnny et Jashaun. Le premier rêve de s'envoler quand la seconde veut pérenniser l'héritage des ancêtres.


A travers leurs parcours, c'est toute la question du futur de peuples ancestraux qui se pose. Comment exister quand la société vous nie et vous cache sur des terres où rien n'est prévu pour vous. Le seul service vraiment existant et efficace semble être celui de la Police. Le rythme du film se calque sur ces existences sans débouchés. Lenteur des plans, onirisme des images, le montage fascine et captive.


Ce film est un voyage envoutant au coeur d'une culture oubliée. Ce  LCQMFMOA vous séduira par l'épure de son assemblage et la profondeur des sentiments dissimulés sous une épaisse couche d'atonie. Mais le film vaut la balade!