« Le vent se lève » : critique sérieuse, après une critique à chaud publiée hier soir, reflet de ma déception et de mon agacement.

Myiasaki conte les rêves et les espoirs d’un petit garçon fasciné par le plus lourd que l’air et qui, une fois devenu adulte, insufflera toute son énergie dans la création du chasseur ultime, combien même au détriment de celle qu’il aime. Ce film est une ode à la passion, à l’acharnement et aux rêves qui deviennent réalité. Par-delà les contextes hostiles – tremblement de terre, pauvreté ambiante – le jeune Jiro forcera les portes de son destin, au prix de turpitudes et d’effets contraires.

Centré sur son graal personnel, Jiro ne voit pas les conséquences de sa création et son rôle dans la WWII. Concentré sur sa quête, il oublie le contexte particulier – la guerre la plus meurtrière de l’histoire et l’implication sans limite du Japon dans ce désastre – que le film élude soigneusement. Centré sur Jiro, le film étaye largement ses aspirations, ses modèles, jusqu’à le transformer en une sorte d’autiste enfermé dans sa cosmogonie personnelle, complètement détaché du monde qui l’entoure.

SPOILER

L’apparition de Nahoko pourrait représenter une porte de sortie vers la réalité extérieure mais elle semble tout autant sociopathe que lui. Atteinte d’une maladie qui demande des soins constants, elle ne trouvera aucun réconfort chez Jiro, qui la laissera dépérir comme une vieille chaussette pour terminer son outil de mort. Ce qui n’est qu’une turpitude de plus dans un film dont je ne comprends pas vraiment l’objectif. Montrer les horreurs de l’humanité ? Militer pour les enjeux liés aux passions et rêves personnels ? Faire un dessin animé un peu déconnecté de la réalité pour amoindrir l’importance des affres de la WWII ? Je ne sais pas trop, c’est bancal tout ça…

Pour le contenu, je suis perdu. Pour la manière de faire, Myiasaki n’invente pas la poudre, ses dessins sont grandioses, la musique est prenante. Mais le contenu du film ne me revient toujours pas…

Je suppose que les fans inconditionnels du réalisateur japonais ont du s'ennuyer ferme, on est loin de Ponyo ou de Chihiro...