Steven Spielberg est un réalisateur agaçant. Même pour un film destiné à être mineur dans sa grandiose filmographie, il assure un niveau qualité plus que minimal et livre une intrigue prenante et bien fichue. Le Pont des Espions (3/5) est un film d'époque qui illustre parfaitement la paranoïa de l'époque pas si lointaine de la Guerre Froide. Bloc de l'Est contre Bloc de l'Ouest, toute une histoire!

En 1957, un avocat est réquisitionné pour assurer la défense d'un espion russe pincé par la CIA. pourchassé de la vindicte populaire. Le procès est destiné à n'être qu'une façade que l'avocat assure pourtant avec professionnalisme. Tandis qu'un pilote US est récupéré par les russes, l'avocat doit organiser un échange antre les 2 prisonniers. Mais à Berlin Est, un mur se construit et l'inimité est à son paroxysme entre les 2 blocs.

Moi qui pensait partir au bout de 30 minutes devant une intrigue cousue de fil blanc, quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver hypnotisé devant un film d'espionnage malin et divertissant. Tom Hanks joue à merveille le faux naïf et vrai sioux. Il se dépatouille de toutes les situations pour obtenir un échange assez mal parti. Rythme paranoïaque, regards furtifs, Tom est un Forrest Gump avec 20 ans de plus. Même chevelure, même faciès, je ne sais pas si c'est voulu...

Le cadre historique est difficilement concevable aujourd'hui. Mais 2 visions du monde s'affrontaient et les populations vivaient dans la crainte permanente d'une escalade nucléaire. Je l'ai connu de loin mais quelle époque... Maintenant le risque est diffus et disséminé. C'était plus simple en 1960...

Russes, américains, allemands, tout le monde s'épie et joue double (triple?) jeu. Spielberg insère la dose parfaite d'héroïsme yankee dans une histoire très fortement inspirée de faits réels comme le démontrent les messages finaux.

Pas le film indispensable de l'année, mais une très bonne surprise. Spielberg sait faire des films, c'est certain...