a vu "Le Monde de Charlie".

Merveilleux cinéma US qui en plus d'afficher une variété inouïe voire unique au monde (SF d'anticipation type "Looper", films barrés type "God bless America", dramaturgies émotionnantes type "Les bêtes du sud sauvage", films indés anti-commerciaux type "4h44", films romantiques de qualité type "Anna Karénine") réussit irrémédiablement à produire des films a priori basiques dans la catégorie teen movies mais finalement loin d'être aussi insipides qu'escompté. Les tonnes de dollars amassés par les superproductions (Avengers, Prometheus, Dark Knight aussi) ne s'échouent finalement pas seulement dans les poches larges et profondes de producteurs comblés, mais également dans les budgets de films qui parviennent à toucher et faire rêver. 

Ainsi, ce "Monde de Charlie". Un ado quitte le collège pour intégrer une highschool où son statut de nobod' solitaire devrait le marquer d'autant plus qu'il vient de réchapper d'une dépression sévère qui le laisse durablement fragilisé et vulnérable. Mais la rencontre de terminales antipathiques pour la multitude mais à l'originalité à laquelle notre Charlie parvient à s'accrocher comme à une bouée lui change la vie et montre à ses yeux ébahis les possibilités infinies de l'existence.

Pitch rabattu, maintes fois aperçu, mais j'ose le dire, on est face à une pépite quasi-underground, et la faute en incombe certainement aux codes de ma génération, si astucieusement disséminés aux instants clés du film. Le Rocky Horror Picture Show, ma chanson préférée de David Bowie, les références à des groupes clés de la Pop (je ne parle pas de One Direction, hein), le pote inverti grande gueule et inimitable (Ezra Miller confirme par ailleurs tout le bien que je pense de lui depuis "We need to talk about Kevin"), le héros livrovore auquel le destin donne un coup de pouce qu'il n'attendait plus... 

In fine, je ne sais pas si ce film offre plus qu'une belle occasion de passer un très bon moment. Oui, mais ce Charlie est aussi un film à tiroirs habile et bien mené, et si vous aimez à la fois le Docteur Frank-N-Furter et la période berlinoise de Bowie, vous serez comblés.