a vu "Le Hobbit 3e partie" (1/5). Dans le genre n'importe quoi, je n'avais pas vu pire depuis "Man of Steel". Résumé de l'épisode, assez fantaisiste je l'avoue.

Bilbo est furibard. On lui a promis un voyage touristique d'agrément pour découvrir les paysages magnifiques de la terre du milieu, mais les randonneurs font peu de pauses et s’amusent à le faire crapahuter à travers des torrents. Après deux épisodes passés à s’époumoner sur des sentiers hostiles, la fine équipe arrive enfin à destination. Mais la fête du village en leur honneur est annulée pour cause de dragon atrabilaire. Le paisible village de la Riviera se retrouve malencontreusement réduit en cendres par sa faute car personne n’avait pensé à l'inviter à la sauterie. En plus la sono trop forte enchaine les Boum Boum ce qui fait péter les plombs à Smaug, d’humeur maussade. Heureusement, le dragon est évacué manu miltari par des videurs pas contents.

Pour couronner le tout, Bilbo se retrouve au beau milieu d'une querelle de voisinage. Arrivé au terme de son périple, il se retrouve dans un pataquès dont je ne me souviens plus trop de la cause. Le voyage a commencé dans l'épisode 1, le trésor a été trouvé dans l'épisode 2, le partage du butin va avoir lieu dans l'épisode 3. Seul problème: tout le monde veut sa part du gâteau. Nains, Elfes, Humains, Wrags et Orques veulent s'en mettre plein les fouilles, ils vont donc se taper sur la gueule pour savoir qui aura le droit de rouler en Rolls Royce. Belle parabole sur les dangers du capitalisme alors qu'on voit bien qu'il y en a assez pour tout le monde. Un partage équitablement réparti aurait pu satisfaire tout à chacun mais non, ils préfèrent se taper à grands coups d’épée. Les têtes volent, les coups pleuvent mais Hollywood n’accepte les flots de sang que s’ils viennent de Quentin Tarantino. Nous ne verrons donc pas une seule goutte de tissu conjonctif fluide vital.

La bataille finale censée en jeter plein les yeux ne dure pas 2 heures mais à peine 15 minutes. Le sort de milliers de combattants est vite laissé de côté pour privilégier des one to one assez décevants. On aurait préféré de la stratégie ciselée, d'astucieux mouvements de troupes, un débordement sur l'aile droite, des coups de canon à boulets rouges comme à Austerlitz, on se retrouve avec une bataille raccourcie, tronquée, elliptique. En plus, le roi déprime grave et le réalisateur préfère se concentrer sur ses jérémiades plutôt que sur l’épique bataille des 5 armées. 

Et l'amour dans tout ça? Un grand mannequin suédois tombe amoureux d'un voyou à cheveux longs et c'est à peu près tout. On ne sait pas ce qu’elle lui trouve, il n’arrive pas à la cheville d’Aragorn. Pendant qu’un prétendant la maltraite pour avoir le droit à sa danse règlementaire, le roi des nains abandonne sa rêverie pour aller distribuer quelques baffes. Face à des orques d’au moins 200 kilos chacun et à la puissance musculaire herculéenne, le nain décapite à tout va. Une armée d’elfes robotiques et assurément décérébrés se fait tailler en pièce et l’armée de nains résiste tant bien que mal. La bataille échappe à toute logique quand des géants commencent à se battre contre des aigles. Ca vire au n’importe quoi. 

La fin s’étire en longueur, les épées volent de partout, les gros plans sur les cicatrices des go go dancers alternent avec les ralentis sur un vieux clodo alcoolique à longue barbe et chapeau gris qui distribue des coups de bâton à tout va. Lui aussi terrasse des colosses de 2m50 et ne semble pas exténué, il doit avoir pris une quantité considérable de LSD pour ne plus sentir la fatigue. Pendant ce temps, la bataille est complètement oubliée, on ne saura pas ce qu’il advient des milliers de combattants dont le sort est passé à l’as. Malgré les enjeux géopolitiques importants, peu d’informations sur l’issue de la bataille. On imagine que le un contre un entre le roi et le chippendale en chef règlera l’affaire. Pas de spoilers, je vous laisse découvrir ce qu’il advient, je n’ai pas écrit tout ça pour révéler que les deux combattants trépassent dans une issue tragique à grands renforts de violons.

Mais tout est bien qui finit bien, le hobbit GM est libéré par ses acolytes GO et peut rentrer chez lui, juste à temps pour récupérer ses meubles que les voisins acrimonieux commencent à vendre aux enchères pour financer le prochain bingo du village. Le clodo alcoolique le rejoint à la toute fin pour boire un dernier coup. Dire que la fin est décevante est une lapalissade tant la bataille précédente est coupée, sans rythme, abracadabrantesque, sans âme. Les effets spéciaux tuent l’imagination, les elfes font des chutes de 20 mètres sans se faire mal, les pierres caracolent sans blesser personne, c’est du grand n’importe quoi.

Les 320 pages de l'ouvrage de JRR Tolkien arrivent enfin à leur dénouement et on peut souffler. 2h49, 2h41, 2h24, Peter Jackson a bien étiré son voyage en comblant le vide de pas grand-chose. 3 films pour aboutir à ça, il ne fallait pas être pressé. Mais ça dépend si on parle pépettes ou cinéma.

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.