Suite de la polémique sur les comédies françaises. Pour les arrivants, je fais une critique continue de la piètre qualité de la comédie française en donnant des exemples concrets. 
Nouvel exemple en date « Le crocodile du Botswanga » (1.5/5). Un agent de joueur (Fabrice Eboué) et son poulain footballeur vont dans un pays africain. Le dictateur local (formidable Thomas Ngijol) les attend pour leur montrer la beauté du pays. Tout va évidemment partir en sucettes. Scénario mince mais prometteur. Alors, où est-ce que ça pêche ?

1) Fabrice Eboué ne joue pas vraiment, il incarne son propre rôle avec un air lunaire et décontracté. Où est la performance comique ? Où est l’effort ? Zéro plus-value, il ne sert à rien et se contente de venir retirer son chèque. A quoi sert-il ? A rien du tout. Je n’ai rien contre cet acteur mais là on est dans le ridicule complet. Il ne sait même pas réciter son texte, c’est pitoyable. Pour un des deux acteurs principaux, c’est un peu juste.

2) Les effets comiques sont minces et uniquement portés par le truculent Thomas Ngijol. Pour le reste, la figuration fait grise mine. Le scénariste a du se perdre en route. Ou alors la fainéantise ambiante portée par Fabrice Eboué a contaminé tous ses potes. Risible ? Même pas. Le stand up a ses règles, qui ne sont pas celles du long métrage. Le producteur aurait peut-être du aiguiller ses ouailles. Ou alors il était lui aussi absent.

3) Le film se déroule à peu près toujours dans les mêmes endroits avec les mêmes personnes avec les mêmes ficelles. Peu de variété, peu d’inventivité. Passées les 40 premières minutes, le film semble looooong, mais loooong…

Ceci étant dit, il y a un argument comique de poids, vous l’aurez deviné : Thomas Ngijol. Il fait merveille en dictateur africain d’opérette. Le ridicule assumé est mythique et je reverrais bien quelques scènes pour rire, sans son compère pas drôle. L’accent est parfait, les mythiques sont fendardes et l’atmosphère post-colonialiste est truculente. Parfois à la limite d’un pseudo-racisme comique, tout autre qu’un africain d’origine aurait fait hurler à sa place ! A l’instar de Pascal Légitimus dans les Inconnus, il a toute largesse pour casser du sucre.

Au-delà de ça, c’est vide et Fabrice Eboué ferait mieux de travailler ses effets comiques s’il veut percer dans la comédie.