a vu "La prochaine fois je viserai le coeur" (2/5). Guillaume Canet tente le rôle de psychopathe, lui le gendre parfait, le beau gosse tranquille, le pote idéal. Fini les sourires enjôleurs, il campe un gendarme pervers et schizophrène. Rôle saisissant dans un film chirurgical et froid comme une salle d'opération. Le réalisme est glaçant mais distant, on peine à s'impliquer dans ce tableau de malade mental. Je me suis même posé la question de l'intérêt d'accorder tant de place à cette ordure, preuve que le film manque de quelque chose. 

Franck est un gendarme zélé et apprécié de ces collègues. Ils ne savent pourtant pas que derrière ce visage fermé se cache le tueur de l'Oise qui a terrorisé la région entre 1978 et 1979. Qui était ce maniaque qui prenait pour cibles des jeunes femmes innocentes? 

Adepte des scarifications purificatrices, homme des bois proche de la nature, individu oppressé par des doutes quant à ses orientations sexuelles, manipulateur avisé, Franck est un personnage que l'on pourra juger complexe ou au contraire simpliste. Suivant son quotidien morne et sans relief, le réalisateur oublie une valeur qui créée une lueur d'empathie même pour les ordures les plus immondes: la compassion. Or, ce Franck accumule les raisons de le mépriser, sans montrer une seule facette positive de sa personnalité. Prototype même du pervers frustré schizophrène, le fait qu'il ait été jugé non responsable de ses acte ne laisse de surprendre. 

Peut être était il vraiment vide dans la vraie vie, mais c'est un peu court pour en faire un film. La performance de Guillaume Canet n'est pas sans intérêt, la reconstitution de la fin des années 70 est particulièrement réussie voire bluffante, l'ambiance est aux sentiments opprimés, mais what else? Voir un personnage si maléfique tenir le premier rôle a quelque chose de limitatif. 

Après, petite réflexion, ce sentiment final est-il la faute de Dexter, Hannibal Lecter ou autres psychopathes fun? Ceux-ci aussi étaient des ordures, mais les contradictions affleurent et l'envie de séduire est omniprésente. Le tueur de l'Oise n'est ni cabot ni complexe. Monomaniaque, sa personnalité n'a qu'un reflet. Et comme on entend ni son esprit parler en voix off ni ne voit quelques sourires pervers, le lien est coupé avec le spectateur.

Exercice de style à fort potentiel, mais à résultat décevant. Pour les fans de rouflaquettes ou du beau Guillaume.

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