Le nouveau film de Paolo Sorrentino est un voyage intérieur et une évocation onirique d'une Rome éternelle. Le héros Jep Gambardella (quel nom! joué par le toujours parfait Toni Servillo) est un Jet Setteur désabusé qui fête ses 65 ans. Pilier d'un milieu mondain qui ne voit jamais le jour  et vit la nuit, Il écrit dans une revue arty-élitiste sur l'actualité de l'art. Déconnecté de la réalité, il prête autant à sourire qu'à pleurer. Appartement avec vue directe sur le Colisée (du style à 50 mètres), costumes aux couleurs criardes ou pastels qu'il semble jeter une fois portés, il se réveille tout à coup pour mépriser ce qu'il a toujours adoré sans une once de recul.

 

Le film suit les turpitudes existentielles d'un héros qui s'avoue à lui même avoir sacrifié sa carrière littéraire (un seul ouvrage écrit il y a 40 ans...) sur l'autel de la paresse et de la facilité. Mais amoureux de la beauté, esthète toujours insatisfait, il a en lui la flamme sacrée le poussant à toujours avancer.

 

Film hautement contemplatif, onirique et hypnotique, LGB est un voyage qui séduit et interpelle. Jep est un héros antipathique (Il a tout mais se dégoute et méprise les petits tracas de ses congénères élitistes) mais qu'on a envie d'accompagner dans une quête de rédemption, combien même factice et superficielle. Toute la virtuosité d'un Sorrentino qui sait y faire.

 

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Note: 3,5/5, un grand film introspectif, à l'italienne. 

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