a vu "La Demora", film mexicain du réalisateur de l'excellent "La zona", film intimiste et social, voire très humain, trop humain, note: 2/5 du fait de longueurs inhabituelles et de creux dans l'intrigue.

L'existence de Maria est toute tournée vers ses 3 jeunes enfants, sa quête sans relâche de revenus et son père, à l'Alzheimer naissant. Celui-ci demande une attention considérable, son autonomie se réduisant de jour en jour, et ses fugues ne manquant pas d'inquiéter sa famille. Jusqu'au jour fatidique où Maria, épuisée et sur les nerfs, l'abandonne sur un banc. Vite prise de remords, elle se met à sa recherche, mais la nuit est froide, et le vieil homme est introuvable...

Rodrigo Pia a ce don de créer du suspens avec trois fois rien, à partir de situations lambdas, sur la base d'émotions humaines mises en ébullition. Ici, un vieil homme, plus très alerte et à la mobilité réduite, est l'enjeu d'une intrigue qui met à rude épreuve les nerfs du spectateur. Maria, en traversant un gros coup de moins, traverse les différentes phases de la déprime, du coup de grisou jusqu'à la prise de conscience, en passant par la fausse indifférence. En se croyant forte, elle se met en porte à faux avec elle-même, ne sachant pas jouer un personnage qui ne lui correspond pas.

Le film, d'une durée d'1h24, manque hélas d'alternance et de variété. En se focalisant sur une seule et unique intrigue, sans accélérations et ralentissements de rythme significatifs, le film joue la carte de la simplicité et de la justesse, mais sans vraiment embarquer le spectateur dans un mélo finalement un peu juste.

Le drame, sans jamais vraiment décoller, déçoit un peu. Surtout quand on a à l'esprit la réussite totale de "La Zona", thriller perturbant et percutant.