a vu "La cour de Babel" (4/5). Plongée in vivo dans une classe d'accueil de collège pendant un an où des enfants en provenance du monde entier apprennent le vivre ensemble et le français. Le film suit le quotidien de ces ados désireux d'intégration et pétris d'ambition, les rêves chevillés au corps et la bonne volonté évidente. Une professeur battante et pédagogue gère ce melting pot fait d'une pincée d'Europe de l'est, d'un soupçon d'Afrique, d'une lampée d'Asie et d'un peu d'Amérique du Sud, pour qui le français n'a jamais été la langue maternelle et l'intégration est un challenge de tous les jours.

Au coeur de Paris, ces ados volontaires et contradictoires réapprennent la langue du quotidien loin de leur pays natal, dirigés vers la France pour des raisons familiales ou politiques. Repères différents, parents qui maitrisent eux mêmes mal la langue, conscience de leurs lacunes face aux enfants natifs, ces petits caractères sur pattes s'émerveillent ou s'indignent, et on est admiratif face à leurs petits progrès dans la maitrise de l'imparfait ou de la grammaire. L'existence de telles classes facilitatrices d'intégration donne du baume au coeur loin des clichés habituels de l'immigré qui fait le boxon et refuse de faire des efforts. Rêves de liberté, d'accession à un métier, d'évoluer dans un pays sans discriminations, rien que du lapidaire finalement.

Une question se pose: cette vision de l'école fait-elle la part belle à un Angélisme excessif? La réalisatrice Julie Bertuccelli a-t-elle fait un tri subjectif des moments de l'année scolaire pour en exclure les moments les plus difficiles? J'ai envie de dire: et alors? Voir cette classe pas comme les autres s'enthousiasmer pour un projet vidéo et le présenter à un concours pour finalement recevoir un prix, c'est pas la classe?