a vu "La chambre bleue" (3,5/5) et "Arthur Newman" (2,5/5). 

- "La chambre bleue" est un OVNI éthéré et fascinant. Pourtant adapté du bon vieux Simenon à Papa, Mathieu Amalric ose le largage de spectateur en amincissant au maximum l'intrigue et les indices de cette enquête policière déguisée en tempête sous un crâne (à moins que ce ne soit l'inverse).

Julien vit une existence riche. Un boulot à succès, une épouse, un fils, une maitresse. Le fragile équilibre s'écroule un jour pour aboutir dans le bureau du juge d'instruction. Que s'est-il passé? Le film déroule le fil des évènements, mélangeant le vrai et le faux, l'objectif et le subjectif. Pas de clarté éblouissante, il faut se faire sa propre opinion.

Mathieu Amalric ose la déconstruction. Mélangeant les époques, les différents degrés de vie et les personnages, il cherche à perdre le spectateur avec grâce et élégance. Loin des principes habituels du film policier, Amalric préfère se focaliser sur son héros perdu, voire paumé, dans une suite d'évènements qu'il ne parvient pas à maitriser.

A quel moment a-t-il commencé à perdre le fil de son existence? Est-il coupable de ce qu'on l'accuse? Je n'en dirai pas plus mais je ne l'estime pas coupable! 

Dans ce maelström a priori informe, Amalric tire son épingle du jeu en assumant son parti pris. Le personnage de Julien intrigue et captive. Le réalisateur économise les explications, dévoilant même assez tardivement le noeud de l'affaire. Que s'est-il passé exactement? En jouant au fripon, le grand Mathieu prend le risque de perdre pas mal de spectateurs en route. Mais ne vous-y trompez pas, ce film a une vraie magie!

- "Arthur Newman" est un film raté aux moments de grâce. La réalisation parvient rarement à maintenir une cohérence globale rythmée mais... le sujet est gonflé, les acteurs le sont aussi, il y a beaucoup à sauver dans ce film.

Arthur Newman est un nom d'emprunt qu'utilise Wallace Avery quand il décide de changer de vie. Organisant le scénario de sa disparition, il met les voiles. Il croise la route de Michaela Fitzgerald, femme paumée aux limites de la schizophrénie. Ensemble, ils vont tenter une aventure inédite.

Colin Firth et Emily Blunt forment un très joli couple de largués de la vie qui tente d'en reprendre le contrôle. Pour cela, ils doivent d'abord se perdre. Les tendances cleptomanes de la (très) jolie Emily initient un jeu grandeur nature de changement d'identités. Jeu stérile dans l'optique de reprendre le contrôle, mais porteur pour le rapprochement des corps.

Film sur l'acceptation de l'échec et la volonté de passer outre, le sujet m'a fasciné. Le lâcher prise est de mise, le risque est vu comme une composante obligatoire, le héros a priori loser doit s'accepter pour se réinventer. Quant à l'héroïne, elle fait un retour fracassant aux affaires. Bientôt à l'affiche de "Edge of tomorrow", elle va truster les écrans.

Je conseille le visionnage de ce film sur la VOD, car il ne restera pas longtemps à l'affiche. Passez outre la faiblesse de la réalisation et concentrez vous sur l'esprit. L'essence. Qui ne manque pas de peps.

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