a vu "L'oncle de Brooklyn" (3/5). Ovni cinématographique complètement barré que je ne conseillerais pas à mon pire ennemi. C'est grossier, cradingue, puant, mais aussi unique comme un objet filmique incomparable. Film désagréable et long, regardé comme une épreuve digne d'un marathon. Mais à la fin, le cerveau cogite, et tout l'intérêt ressort. A conseiller aux cinéphiles extrémistes only.

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Dans la banlieue de Palerme, le temps semble s'être arrêté. Les habitants vivent d...ans un monde délabré semblant appartenir à un passé antédiluvien. La famille Gemelly vit dans des conditions insoutenables tandis que doit débarquer un personnage mystérieux. Ils devront l'héberger...

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Dire que le scénario est un prétexte relève de la lapalissade... les scènes remplies de non-sense s'enchainent pendant plus d'une heure et demie, mettant à rude épreuve la patience de spectateurs invectivés de temps à autres et injuriés tout du long. Là où les anglais livreraient du non-sense drolatique, les italiens bousculent et défoncent les murs de la pudeur.

Rien ne sera épargné. Un faux Jésus qui enlève son oeil de verre en gros plan, un villageois en pleine copulation avec un âne, un être difforme en pleine orgie de poulets, un homme traitant sa mère de tous les noms... seul personnage féminin dans ce monde d'homme, elle incarne à elle seule cette gente méprisée et roulée dans la fange. Seuls rescapés de ce monde du passé, les hommes se baladent en slibard ou en Marcel, rotant et pétant à l'envie, sans aucun signe visible d'éducation.

Les HLM modernes apparaissent en arrière plan, loin des paysages désolés, hantés par ces Quasimodos modernes. Oubliés de Dieu et de la société modernes, leur survie tient à la magie de la caméra, témoin impassible de cette cour des miracles. Quelques bourgeois perdus de ci de là - des mafieux, des nains - dirigent cette mascarade de cosmogonie.

Le film finira sans plus d'explications qu'à son commencement. Exercice de style gratuit? En interpellant si violemment sur la violation des tabous et l'absence de pudeur, il agresse et questionne. Ce petit univers est-il un commencement ou une fin? Les vertus sont-elles perdues ou en cours d'apparition? Sommes nous témoins de sauvages perdus dans la toundra ou d'ex-gens civilisés?

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Note: 3/5, ce genre de films est rare et précieux. Radicalité pure dans l'approche de l'humanité et de moeurs absentes. De quoi donner foi dans un monde de femmes!

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